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Éditions Jean-Cyrille Godefroy

Le Livre des Métiers

Par Etienne Boileau

Etienne Boileau, prévôt de Paris de 1260 à 1271, rédige sur l'ordre de Louis IX la révision et la codification des règlements auxquels les Corporations de métiers étaient soumises depuis un temps immémorial.

Ces métiers sont fort nombreux, une bonne centaine, qui va des meuniers du Grand pont aux crieurs de vin, en passant par les serruriers, les cordiers, les fileresses à grands ou petits fuseaux, les espingliers, Bourreliers, archers ou pescheurs.

Chacun de ces métiers est réglementé : apprentissage, accession à la maîtrise, règles de travail et usages commerciaux sont précisés dans les plus petits détails. Ainsi : « Nul Crespinier de Paris ne peut avoir qu'un apprenti, si ce n'est né de loyal mariage ». Ces règlements qui enserrent le métier dans un tissu d'obligations nous paraissent aujourd'hui un carcan. Durant tout l'Ancien régime, ils furent vécu comme la garanti de la liberté et de l'autonomie des travailleurs, mais aussi de la qualité de leurs productions. Les corporations étaient libres face à l'absolutisme royal, mais ils étaient le plus fidèle soutien de le monarchie. Lorsque Turgot, en 1776, abolit les corporations, on est plus loin de la Révolution, dont on a pu dire qu'elle avait libéré les paysans, mais mis les artisans en esclavage.

C'est ce monde d'autrefois que fait revivre Le Livre des métiers d'Etienne Boileau, précédé d'une importante étude de René de Lespinasse, sur les Corporations ouvrières à Paris, que nous publions aujourd'hui.


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