De la crise à la guerre, la faillite des élites

Laurent Artur du Plessis

 16,50

Collection : Auteur : Pages: 168 ISBN: 9782865532315

Description

L’oligarchie financière qui gouverne l’Occident depuis plusieurs décennies a fait croire que la crise était imprévisible. Faux : des experts l’avaient annoncée, certains depuis plus de dix ans. Ils avaient les bons outils d’analyse. La crise entre dans sa phase la plus aiguë avec la « faillite » en série des États, qui se répercute sur les grandes banques et l’économie réelle. À son paroxysme, elle sera pire que celle de 1929 et provo- quera la chute de l’oligarchie financière. À l’échelle planétaire, la guerre et la paix dépendent du climat économique. La crise de 1929 entraîna la montée du nazisme et la Deuxième Guerre mondiale. La crise d’aujourd’hui, en minant le printemps démocratique arabe par une paupérisation qui fera le jeu des extrémismes, mènera à la Troisième Guerre mondiale. Celle- ci opposera l’Occident et ses alliés – le Japon et l’Inde –, à l’Islam et à la Chine, en un cocktail de guerres civiles, interethniques et interétatiques, enrichi de terrorisme et d’armes de destruction mas- sive. Les peuples européens devront prendre en main leur défense. Quel camp la Russie choisira-t-elle ?

Information complémentaire

Poids 0.22 kg
Dimensions 20 x 13 x 1.5 cm

Site web de l'auteur

troisieme-guerre-mondiale.com

Sommaire

INTRODUCTION

Le gouffre CHAPITRE 1

Voilà pourquoi l’establishment n’a pas vu venir la crise 2000-2007 : un déclin masqué Un titre qui sonne comme un glas Richebächer, prophète allemand de la crise L’École autrichienne, secret d’une bonne prévision économique Quelques prophètes de la crise Croiser le rationnel et l’irrationnel Les marchés se meuvent comme les vagues de la mer Le nombre d’or, clé de la beauté Prechter, fondateur de la socionomique Années 2000 : éclatement des bulles. Le Cygne noir.

CHAPITRE 2 Les peuples contre l’oligarchie

La folie immobilière des années 2000 Automne 2008 : faillite du système bancaire et financier Quarante ans de financiarisation de l’économie La surchauffe de la planche à billets Le coup d’arrêt vint d’Allemagne Voilà que la Fed refroidit la planche à billets Goldman Sachs : de la gloire au déshonneur Les politiciens ont transféré les risques financiers aux citoyens La faillite des États sonne l’hallali du système La rechute des banques La quadrature du cercle La bombe à retardement des taux d’intérêts La démondialisation a commencé Encore une chimère : la relance mondiale par la Chine L’euro va éclater L’oligarchie commence à paniquer La guerre des monnaies Le retour du protectionnisme douanier Inflation, déflation, crise des monnaies Un avant-goût : le cauchemar argentin L’Occident renouera avec la misère. Les mégapoles deviendront des enfers

CHAPITRE 3 L’humanité entre dans la Troisième Guerre mondiale

Le naufrage de l’utopie mondialiste La religion du progrès La chute des despotes éclairés La crise économique menace le printemps arabe La Tunisie sous la pression islamiste L’Égypte contre l’Occident La Lybie sera une nouvelle Somalie Les élections sont favorables aux islamistes L’islam « modéré » du machiavélique Erdogan Le jusqu’auboutisme des pasdaran iraniens Les risques de guerre avec l’Occident augmentent La survie d’Israël est en jeu Pakistan et Inde : l’affrontement nucléaire Chine contre Etats-Unis L’axe islamo-chinois contre l’Occident et ses alliés USA-Chine = Rome-Carthage Le Japon, allié de l’Occident L’Occident a poussé la Russie vers l’axe islamo-chinois Faire converger les pays d’Europe et la Russie Les Européens devront prendre en main leur défense Le retour des nations sur la scène occidentale L’Occident otage du terrorisme islamique L’effet de sidération des frappes atomiques

CONCLUSION La fin des guerres humanitaires

Extrait

CONCLUSION
La fin des guerres humanitaires
L’un des corollaires de la mondialisation économique semblait être l’instauration d’une paix mondiale à laquelle devaient contribuer des organisations internationales telles que l’ONU. Elle aura abouti au résultat inverse : la mondialisation de la guerre. Plus aucun pays n’échappera à celle-ci, contrairement aux Première et Deuxième Guerre mondiales. Le charivari sans précédent des cultures, des religions, des civilisations, dans une humanité aux effectifs sans précédent de 7 milliards de personnes, aura conduit à une conflagration d’une ampleur sans précédent. Au rêve de la pacification sans frontières aura succédé la guerre sans frontières.
La mondialisation économique aura abouti aussi à la radicalisation de la guerre, avec le terrorisme extrême – bactériologique, nucléaire… – et les représailles extrêmes au moyen des armes de destruction massive. Les guerres humanitaires, compassionnelles, menées dans le souci d’éviter les dommages « collatéraux », ne seront plus de mise. Elles coûtent très cher financièrement et l’Occident est ruiné. La guerre de Libye est la dernière de ce type. Certes, elle avait des motivations économiques sous-jacentes : la Libye est riche en pétrole. Mais la stratégie employée a été dispendieuse. Le dispositif militaire mis en œuvre était énorme. Il ne se limitait pas aux forces aériennes et navales franco-anglaises. Les Américains assurèrent, eux aussi, de nombreuses missions de bombardement dans un premier temps. Et ils fournirent, tout au long du conflit, un appui logistique très important : avions radars, satellites… L’ensemble des moyens mobilisés était d’autant plus impressionnant qu’il fallait éviter d’envoyer des troupes au sol (hormis quelques discrets éléments des forces spéciales) pour ne pas froisser les sensibilités politiques libyennes. Et qu’il fallait aussi éviter de tuer les civils que les kadhafistes utilisaient comme boucliers humains. Pour cette raison, il arrivait que des chasseurs-bombardiers reviennent de mission sans avoir ouvert le feu. L’ampleur des moyens mis en œuvre a contrasté avec la modestie de l’objectif : neutraliser l’armée gouvernementale d’un pays sous-développé de 8 millions d’habitants, plat et désertique.
L’Afghanistan est un autre exemple de guerre occidentale inadaptée aux contraintes de la crise économique. Ses objectifs officiels sont de neutraliser le foyer de terrorisme islamiste que constitue ce pays montagneux et d’y installer la démocratie à l’occidentale, incluant l’égalité des sexes. Cela a donné lieu à de fortes dépenses d’infrastructures et d’équipements (routes, ponts, écoles, dispensaires, postes…) et des versements d’espèces aux tribus. Initialement, cette guerre avait aussi, du côté américain, une motivation économique et géopolitique sous-jacente : faire passer un pipeline à travers l’Afghanistan pour drainer le pétrole de l’Asie centrale vers le Golfe d’Oman. Aucun des objectifs n’a été atteint. Les Américains, surendettés, auront retiré toutes leurs troupes d’ici 2014 pour faire des économies. Les Européens aussi. Protéger les convois de vivres et de médicaments, exfiltrer d’un quartier non sécurisé des personnes menacées, déminer des bâtiments, restaurer le bon fonctionnement des services publics : les tâches du « soldat de la paix » sont écrasantes. Dans son livre « La Guerre, la Ville et le Soldat » (éditions Odile Jacob, 2002), le colonel Jean-Louis Dufour écrivait : « Au début des années 1980, un haut responsable britannique des Nations unies se plaisait à répéter, lors de ses inspections, que le maintien de la paix n’était pas un métier de soldat mais que seuls les soldats pouvaient le faire. En disant un jour que les soldats américains n’étaient pas prévus pour accompagner les enfants à l’école, Mme Albright, secrétaire d’État du président Clinton, commettait un contresens. L’école et son fonctionnement en toute sécurité, la remise en route d’une centrale électrique, la police quotidienne d’une population abandonnée, font bien partie du travail à accomplir par des formations militaires chargées de remettre en route des pays délabrés et des villes dévastées. » Cette analyse date de 2002. La crise de la dette souveraine n’avait pas encore éclaté. La puissance impériale américaine et ses alliés occidentaux croyaient avoir les moyens de financer de tels efforts. La raréfaction des ressources financières va obliger à réduire les ambitions. Dans la Troisième Guerre mondiale, il ne s’agira plus, pour l’Occident, d’inculquer à grands frais la démocratie à l’humanité, mais d’assurer sa propre survie. L’Occident devra gérer non seulement la rareté de ses ressources financières mais aussi celle de ses ressources humaines liée à sa dépression démographique. Il devra être économe de la vie de ses soldats. Ce qui impliquera de concentrer les efforts militaires sur des objectifs vitaux. Et de recourir aux armes de destruction massive plutôt que de s’épuiser dans des combats conventionnels sans fin. Ces prévisions semblent impensables. Mais la crise économique mondiale devrait nous habituer à penser l’impensable. Et à voir loin : « Il n’y a pas de réflexion sans prévision », disait Bergson. Une perspicacité de Cassandre n’est pas réjouissante, mais elle est plus sûre qu’une fuite lénifiante dans le rêve.

Paris, le 25 septembre 2011