Poutine par lui-même

Vladimir Poutine

22,00 

Collection : Auteur : Pages: 304 ISBN: 978-2-86553-314-5

Description

Vladimir Poutine dirige la Russie depuis maintenant 20 ans. ‌Dangereux dictateur ou sauveur de la Russie, chacun peut avoir un jugement sur l’homme, mais la Russie a signé son retour sur la scène internationale.

S’il y a un mystère Vladimir Poutine, n’est-il pas lié à notre manque d’écoute de la Russie. En effet, Poutine parle aux russes et au monde, mais la France et l’Europe ne l’écoutent pas. Aussi pour la première fois, les écrits de Vladimir Poutine sont traduits en français (articles, discours, notes). À travers la parole de Vladimir Poutine, c’est la vision du monde de l’un des grands dirigeants du début du XXIe siècle qui se dessine. Ce volume porte sur sa marche au pouvoir.

Collection « le Cercle Aristote »

dirigée par Pierre-Yves Rougeyron

Textes traduits, présentés et commentés par Romain Bessonnet

Informations complémentaires

Poids0.4 kg
Dimensions14.5 × 23 cm

Discours prononcé à l’occasion d’une remise de décorations

Moscou

23 février 2000

Note : Ce discours est un marqueur de la politique poutinienne de remotivation de l’Armée russe. Il exalte aussi l’histoire russe ainsi qu’un patriotisme qui célèbre, de façon intemporelle, non seulement les armes, mais aussi les arts et la science russe.

Chers anciens combattants, très chers amis,

Tout d’abord, je tiens à féliciter tout le monde en ce jour de fête de la défense de la Patrie !

L’Armée et la Marine de guerre ont été de tout temps en Russie des écoles de patriotisme, de courage et de dévouement sans réserve à la Patrie. Le peuple a toujours été fier de ses défenseurs, a honoré leur travail difficile et a gardé en mémoire les noms de ses héros.

En ce jour, je suis particulièrement heureux de remettre des décorations officielles à des personnalités éminentes des forces armées, de la science, de la culture, à vous tous, que la Russie reconnaissante célèbre avec ses insignes.

Aujourd’hui, dans la salle Saint-Georges du grand palais du Kremlin, nous rendons hommage aux héros de la Russie, soldats et officiers. Les personnalités décorées sont les chefs militaires, les astronautes, les scientifiques, les dirigeants des principales entreprises de défense, les artistes et les écrivains, les personnalités de l’État et de la société civile de notre pays.

En ce jour saint pour chaque Russe, je veux célébrer en particulier les participants à la Grande Guerre patriotique[1], qui non seulement ont défendu notre Patrie, mais ont également montré leurs capacités et leurs talents en temps de paix. Permettez-moi de citer quelques noms.

C’est le célèbre dramaturge Aleksandr Moisseevitch Volodine, dont les pièces sont devenues de véritables événements dans la littérature russe.

C’est le vice-président de la Cour suprême de la Fédération de Russie, Anatoly Egorovich Merkouchov, qui a contribué à l’affirmation en Russie des principes démocratiques au niveau de la justice.

C’est Youri Vladimirovich Davydov, l’un des écrivains russes les plus brillants et les plus talentueux.

C’est le concepteur Alexeï Mikhaïlovich Pavlenko, créateur d’outils radio uniques pour les systèmes d’armement.

C’est le héros de l’Union soviétique, le maréchal Viktor Gueorguievitch Koulikov, qui transmet son expérience, ses connaissances et son énergie à l’Armée russe et au mouvement des anciens combattants.

La force mentale et le courage ont toujours distingué les soldats russes. La chronique militaire de l’Armée russe a été écrite à Poltava[2] et à Borodino[3], à Moscou et à Berlin. De dignes continuateurs des traditions combattantes de l’ancienne génération sont présents aujourd’hui dans cette salle.

Pour le courage manifesté lors de l’élimination des bandes armées illégales dans le Caucase du Nord, le titre de héros de la Russie a été attribué à un groupe de militaires des forces armées, d’employés du ministère des Affaires intérieures et du Service fédéral de sécurité (FSB) de la Fédération de Russie.

À titre posthume, le titre de héros de la Fédération de Russie a été décerné au général de division Mikhaïl Yourievitch Malofeev. Tant que la Patrie aura de tels défenseurs, la Russie sera invincible. Le général a conduit ses soldats sous le feu de l’ennemi. Son groupe d’assaut a livré le combat et a courageusement repoussé l’attaque des bandits. Le général Malofeev est resté en première ligne jusqu’à la dernière minute et est tombé véritablement en héros de la Russie.

Les médailles « pour le mérite devant la Patrie » du quatrième degré, pour le courage et pour le mérite militaire sont remises aux militaires qui ont brillamment accompli leurs missions de combat dans le Caucase du Nord et au Tadjikistan, à ceux qui se sont révélés parfaits dans leur service de renforcement des capacités de défense du pays.

Je veux donner encore quelques noms. Nina Sergueevna Kalinkina, infirmière en chef de bloc opératoire a fourni sous les tirs les premiers soins médicaux aux soldats blessés et a assuré leur évacuation du champ de bataille. Pour ses mérites, elle est décorée de l’ordre du Courage.

Le directeur du Service fédéral des frontières de la Fédération de Russie est le général de corps d’armée Konstantin Vassilievich Totsky. Nous pouvons le féliciter doublement : il a aujourd’hui 50 ans. Je souhaite à M. Totsky santé et succès.

J’exprime à tous ceux qui ont reçu une décoration mon immense gratitude pour leur dévouement au service de la Patrie.

Je salue dans cette salle ceux qui ont glorifié la Russie par leur travail pacifique : de longs vols en orbite, des développements de conception unique dans le domaine de la construction aéronautique, des découvertes brillantes en science.

La décoration d’État la plus élevée est décernée à des personnalités exceptionnelles de la culture nationale. Parmi eux, Vladimir Mikhaïlovitch Zeldine, tant aimé du peuple. Depuis plus d’un demi-siècle, il sert fidèlement le Théâtre de l’Armée russe[4] et, de ce fait, sert tout le peuple russe. Avec la brigade de concert des artistes, Vladimir Mikhaïlovich a joué dans des unités et des garnisons lointaines, de Vladivostok à Kouchka, de Brest à Mourmansk ; il a été en Afghanistan aussi bien qu’à Tchernobyl.

La renaissance spirituelle de la Russie est difficile à imaginer sans les nombreuses activités pastorales et le service de personnes telles qu’Aleksandr Guennadievitch Moguiliev, archevêque de Kostroma, et de Galitch.

Chers amis, je me suis permis de ne citer que quelques noms, mais je suis fermement convaincu que la Russie peut être fière de chacun d’entre vous.

De tout mon cœur, je vous souhaite santé, énergie, chance et bonheur. Je vous félicite chaleureusement en ce jour de fête de la défense de la Patrie !

Merci.

Source :

http://kremlin.ru/events/president/transcripts/22303

[1] La Grande Guerre patriotique désigne en Russie et dans la plupart des pays issus de l’URSS la guerre menée par l’Allemagne et la « coalition pro-hitlérienne » contre l’Union soviétique (en occident on parle plutôt du « Front de l’Est »), durant la Seconde Guerre mondiale (22 juin 1941 – 9 mai 1945).

[2] La bataille de Poltava, dans l’Ukraine actuelle, a opposé, 8 juillet 1709, les armées russes (dirigées par Pierre le Grand) aux armées suédoises. C’est la seule grande victoire militaire du règne de Pierre le Grand. Elle est décisive dans le contrôle de l’Ukraine et dans la lutte pour l’hégémonie sur l’Europe du Nord et de l’Est entre la Russie et la Suède.

[3] Appelée aussi en France « Bataille de la Moskova » c’est une bataille de retardement de l’armée russe contre la « Grande Armée » napoléonienne, en septembre 1812. Elle se déroule à Borodino, dans les faubourgs de Moscou. Les Français la considèrent comme une victoire tactique (la dernière de la campagne de Russie). Les Russes la considèrent aussi comme une victoire, car elle a permis de préparer l’incendie de Moscou, d’épuiser les forces napoléoniennes, pour les repousser en octobre lors de la retraite de Russie.

Le 13 octobre 1941, il y eut une seconde bataille de Borodino, où, pendant 7 jours, les forces armées soviétiques ont arrêté les forces armées allemandes du 40e corps d’armée motorisé.

[4] Il s’agit de l’appellation habituelle du théâtre académique central de l’Armée russe.

Alexis II, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies

« Le patriotisme est sans aucun doute pertinent. C’est un sentiment qui rend le peuple et chaque personne responsables de la vie du pays. Sans patriotisme, il n’y a pas cette responsabilité. Si je ne pense pas à mon peuple, je n’ai pas de maison, pas de racines. Parce que la maison n’est pas seulement le confort, c’est aussi la responsabilité de la garder en ordre, c’est la responsabilité vis-à-vis des enfants qui vivent dans cette maison. Un homme sans patriotisme, en fait, n’a pas son propre pays. Et “le citoyen du monde” est pareil à un sans-abri. »

S. S. le Patriarche de Moscou

et de toutes les Russies,

Alexis II

Entrevue de Vladimir Poutine à la télévision, 1991

Entrevue à la télévision régionale de Saint-Pétersbourg avec Igor Chadkhan

Filmée entre juin et août 1991.

Rediffusée le 7 octobre 2002 sur la chaîne « Rossiya » (anciennement RTR) dans le cadre du film « Vladimir Poutine, conversation nocturne »[1].

Note : Ce texte est le sténogramme de la première apparition télévisée de Vladimir Poutine, dans le reportage « Le pouvoir » dédié à l’entourage du nouveau maire de Leningrad, Anatoli Sobtchak. Ces propos datent de la période allant du 28 juin 1991 (nomination de Vladimir Poutine comme président du Comité municipal aux relations extérieures) au 13 août 1991 (putsch contre Gorbatchev).

Cette entrevue marque la première trace de pensée politique de Vladimir Poutine. Elle révèle que Vladimir Poutine se distingue du reste de « l’équipe Sobtchak » : Vladimir Poutine ne fait pas preuve de l’anticommunisme hystérique qui caractérise certains de ses collègues (comme Anatoli Tchoubaïs ou Anatoli Sobtchak lui-même). Alors que nous sommes dans le début euphorique de la sortie du régime soviétique, Vladimir Poutine jette un regard lucide et pragmatique sur le pays.

Vladimir Poutine installe ce qui sera le fil rouge de ses premières années en politique : si la démocratie veut s’installer durablement en Russie, elle doit assurer l’ordre et la sécurité, sinon le spectre du totalitarisme pourra revenir à tout moment. La seconde thèse qui structurera par la suite l’action politique de M. Poutine est le caractère essentiel de l’économie de marché et d’une classe moyenne nombreuse pour assurer la stabilité et la cohérence du pays.

Ces propos sont particulièrement importants et visionnaires, car l’URSS existe encore (pour quelques mois) et que la stratégie du choc (ce qu’en Russie on appelle « les réformes ») n’a pas encore été mise en œuvre par l’équipe économique de Boris Eltsine (cette politique sera lancée le 1er janvier 1992 avec la libéralisation des prix).

Journaliste : Quel âge avez-vous ?

Vladimir Poutine : 39 ans.

Journaliste : Avez-vous une famille ?

Vladimir Poutine : Oui, j’ai une famille. J’ai deux enfants. Deux filles de 6 ans et demi et 5 ans et demi.

Journaliste : Quel est votre niveau scolaire ?

Vladimir Poutine : J’ai un cursus de juriste. J’ai terminé mon cycle d’études à l’Université d’État de Leningrad en 1975, à la faculté de droit.

Journaliste : Quelle était votre spécialité juridique ?

Vladimir Poutine : J’ai écrit mon mémoire avec le professeur Galenski sur « le principe de la nation la plus favorisée dans le commerce », dans la section droit commercial international privé.

Journaliste : Quel est votre signe astrologique ?

Vladimir Poutine : Je suis sûrement Balance, comme signe astrologique. Mais je ne peux pas vous le confirmer à 100 %.

Journaliste : Comme c’est intéressant ! Le signe astrologique de la Balance semble être le plus adapté pour des fonctions comme les vôtres. […]

Vladimir Poutine : M. Sobtchak vient de m’appeler pour dire que 20 000 tonnes de sucre viennent d’être achetées en Ukraine et sont prêtes à être envoyées à Saint-Pétersbourg.

Journaliste : On va donc sortir de la crise ?

Vladimir Poutine : On ne va pas encore sauter de joie. […] Bien sûr, il y a eu de telles situations[2]. Je ne ressens pas beaucoup, pour être franc, de tempêtes, d’hésitations ou de souffrances intérieures. J’ai toujours été d’humeur égale. Mais maintenant, je dois préparer des décisions qui ne sont pas faciles pour moi. […]

En ce qui concerne, comment peut-on dire, mon évaluation de cette classe, de la classe moyenne, je dirais ceci : il y a encore un an, personnellement, je faisais attention à l’attitude des représentants de cette classe. Beaucoup d’entre eux se comportaient en manquant de confiance en eux. On peut dire qu’ils se cherchaient. Maintenant, leur comportement change à vue d’œil, leur attitude vis-à-vis d’eux-mêmes, vis-à-vis des représentants du pouvoir, de la société. Sans exagérer, on peut dire que ces personnes ont maintenant le sentiment de dignité, la confiance dans l’avenir et en eux-mêmes et je pense que cette couche moyenne, ces petits et moyens entrepreneurs doivent devenir et vont devenir, comme dans pratiquement tous les pays civilisés, le fondement de la prospérité de notre société dans son ensemble.

Journaliste : Mais vous dites « je suis fonctionnaire »[3]. Voulez-vous réhabiliter ce mot ?

Vladimir Poutine : Non, M. Chadkhan, j’utilise ce mot pour souligner que je ne suis pas un homme politique. Vous comprenez ? Je ne suis qu’un membre du personnel administratif. Je voudrais que fondamentalement, dans l’appareil administratif, travaillent des personnes qui se concentrent sur leurs tâches professionnelles, sans penser à la conjoncture politique. Même si c’est difficile d’y arriver. Mais quand même. C’est le premier point.

Ensuite, on a beaucoup de choses qui reprennent leur sens véritable en perdant toute la brume idéologique qui les a entourées pendant des décennies. Non, non, dans le mot « fonctionnaire » il n’y a rien de mal. J’étais un « fonctionnaire » militaire, maintenant je suis un fonctionnaire civil, voilà tout.

Journaliste : Vous savez, M. Poutine, encore hier sur cette armoire, derrière moi, il y avait une statuette de Lénine et j’ai préparé une question, hier, une question très simple : je pense que la statuette a dû rester après le départ de l’occupant précédent de ce bureau, car vous n’êtes pas là depuis longtemps. Je voulais vous demander : pourquoi l’avez-vous laissée ?

Aujourd’hui, quand nous sommes arrivés ce matin, elle était encore là. Mais quand nous sommes revenus avec vous, maintenant, elle a disparu. Que s’est-il a passé ?

Vladimir Poutine : J’ai du mal à vous répondre. C’est visiblement un de mes assistants qui a dû le faire sans m’en faire part. Mais je dois dire qu’il y avait dans ce bureau quelques portraits du fondateur de l’URSS. Je dois vous dire que j’ai une relation apaisée à cela : qu’ils soient là ou pas, ces portraits et ces statuettes, je pense qu’il faut, en général, considérer l’Histoire comme ce qui a été et je ne tire pas un trait là-dessus. Si c’est ma vision de cette personne, de l’enseignement qu’il a laissé, qui vous intéresse particulièrement, alors je dirais ceci : il y a eu une période de ma vie au cours de laquelle je me suis intéressé à l’enseignement du marxisme-léninisme. J’ai beaucoup lu, et lu avec intérêt. J’ai trouvé la logique intéressante. Comme nous tous. Mais quand je suis devenu adulte et de plus en plus mature, je me suis rendu compte que la vérité évidente est que ce n’est ni plus ni moins qu’un beau et nocif conte de fées. Nocif, car sa réalisation dans notre pays a entraîné des dégâts énormes.

En relation avec cela, je peux dire deux mots de la tragédie que nous vivons actuellement. En fait, la tragédie de l’effondrement de notre État. On ne peut pas l’appeler autrement que tragédie. En effet, les dirigeants d’octobre 1917 ont posé une bombe à retardement sous ce bâtiment — le bâtiment de l’État unitaire qui s’appelait la Russie. Qu’ont-ils fait ? Ils ont découpé notre pays en différentes principautés qui ne figuraient autrefois sur aucune carte de la planète Terre. On leur a donné leur propre parlement et leur propre gouvernement et il s’est passé ce qu’il s’est passé.

D’autre part, ils ont éliminé ce qui relie et rapproche les peuples dans les pays civilisés. Ils ont justement détruit les relations de marché, ils ont éliminé le marché en tant que tel autant que le capitalisme naissant et la seule chose qu’ils ont faite, la seule chose avec laquelle ils maintenaient le pays dans des frontières communes, ce sont des fils de fer barbelés. Et quand les barbelés ont été retirés, alors le pays s’est effondré. Et je pense qu’à un certain degré, ces gens ont une culpabilité dans cette situation. Le voulaient-ils ou pas ? Je ne pense pas. Mais, objectivement, ils ont agi négativement. […]

Comme c’est dommage : cela peut sonner un peu bizarre, mais, à mon avis, dans notre pays, un virage vers le totalitarisme sera encore possible pendant une certaine période de temps. Cependant, le danger ne devrait pas être recherché dans les forces de l’ordre et de défense, dans les services de renseignement, ni dans la milice, pas même dans l’Armée. C’est un danger dans notre mentalité à nous tous, dans notre peuple, notre population. Notre propre mentalité. Nous pensons souvent, moi aussi cela m’arrive, que si l’on rétablit l’ordre brutalement, avec une main de fer, alors la vie sera plus sûre et plus confortable pour tout le monde.

En fait, ce confort disparaîtra vite, car cette main de fer commencera vite à nous étouffer et nous le ressentirons instantanément chez nous et dans nos familles. Cela ne peut être évité que par les conditions d’un État démocratique où les membres des organes de sécurité, quelle que soit la façon dont on les appelle (KGB, MVD, NKVD), savent que demain ou dans un an, il peut y avoir un changement de direction politique du pays, de la région ou de la ville et on leur demandera : « comment avez-vous mis en œuvre les lois du pays dans lequel vous vivez ? » ou « qu’avez-vous fait aux citoyens vis-à-vis desquels vous avez un pouvoir de coercition ? » […]

Journaliste : Vous avez travaillé dans le renseignement. Quelles qualités vous aident maintenant, dans les fonctions de président de Comité, d’adjoint au maire, que vous avez apprises quand vous travailliez dans le renseignement, qui vous aident à travailler, celles qui vous gênent ?

Vladimir Poutine : Vous savez, on ne peut pas écarter ce thème…

Journaliste : Vous serez d’accord que l’espion, en général, ne se rencontre pas souvent. En voilà un qui a reconnu que lui, l’espion, peut être franc.

Vladimir Poutine : Il me semble, en général, que ce qui est fondamental se résume à ce que dans mes nouvelles fonctions, j’ai dû faire face à un volume important d’informations. Un volume important d’informations sur la majorité des problèmes. Et voilà, il a été très important d’apprendre à choisir ce qui est important, à focaliser son attention sur ce quelque chose d’important et je pense que ce style marche, qu’il m’aide aujourd’hui. Voilà, c’est ce qui est important dans ce que j’ai reçu de mes fonctions là-bas. […]

Journaliste : Pour comprendre, considérez-vous que la mairie a installé son autorité dans l’esprit des Pétersbourgeois ?

Vladimir Poutine : Je ne le dirais pas comme cela. Franchement, je ne poserais pas la question comme cela. Si la mairie a installé son autorité chez les Pétersbourgeois…

Journaliste : Excusez-moi, mais j’en ai le droit…

Vladimir Poutine : Excusez-moi comme je peux, mais la question pourrait être formulée, si vous le permettez : est-ce que le nouveau pouvoir a vraiment gagné en autorité ? Quelle que soit la façon dont on l’appelle, le nouveau pouvoir n’a pas gagné en autorité. Les structures de pouvoir doivent mûrir pour gérer la société. Je pense que ce mûrissement pour les structures modernes de pouvoir n’est pas encore atteint, mais, d’un autre côté, je n’ai pas de doute que cela arrivera. […]

Journaliste : Êtes-vous un homme chanceux ?

Vladimir Poutine : Jusqu’à présent je n’ai pas eu à me plaindre de mon destin. On peut en conclure qu’en principe j’ai de la chance.

Source :

https://www.youtube.com/watch?v=0Cb0pHV0bj8

[1] Владимир Путин. Вечерний разговор.

[2] L’année 1991 est marquée par les pires pénuries depuis la Seconde Guerre mondiale en URSS. Vladimir Poutine a la charge, aux côtés du maire de Leningrad (Saint-Pétersbourg) d’approvisionner la ville en denrées de base pour éviter la famine. Chaque contrat de fourniture est donc un défi pour le jeune fonctionnaire municipal.

[3] Ici, Poutine utilise le mot « чиновник » qui est la version du mot « fonctionnaire » dans le régime impérial, avant la révolution de 1917. Ce mot peut se traduire littéralement par « homme titulaire d’un grade ». À ce mot, on préférait à l’époque soviétique celui de « сотрудник » (« collaborateur »).

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