La 3e guerre mondiale a commencé – Format eBook (ePub, Mobi Kindle)

Laurent Artur du Plessis

 9,90

Collection : Auteur : Pages: 272 ISBN: 9782865532407

Description

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Né dans le chaudron incandescent des civilisations, le processus infernal de la Troisième guerre mondiale suit rapidement son cours.
Il est stimulé par le krach boursier qui entrainera à brève échéance une crise économique plus tragique que celle de 1929.

L’Occident pense que, le 11 septembre 2001, a débuté une longue guerre avec les réseaux terroristes islamistes. Mais avec eux seulement, pas avec les Etats musulmans (sauf deux ou trois d’entre eux). Cette analyse recèle une faiblesse majeure : elle postule que les terroristes islamistes resteront marginaux, y compris en terre d’Islam. Les neutraliser sera l’affaire des services de renseignements et des forces spéciales.

La Troisième Guerre mondiale a commencé se démarque de cette pensée dominante en démontrant qu’au cours des trois ou quatre prochaines années, les terroristes islamistes s’empareront de tous les appareils d’Etat musulmans. L’intégrisme islamiste, orgueilleuse réaction identitaire au mondialisme, est une vague de fond qui submergera le monde musulman par la terreur et la séduction (comme le nazisme subvertit l’Allemagne des années trente). Les gouvernements pro-occidentaux seront balayés par le vote ou le putsch. La crise économique mondiale favorisera l’irrésistible ascension de l’intégrisme islamiste dans le monde musulman, y compris dans ses classes moyennes en voie de paupérisation.

Les intégristes, une fois à la tête de ces Etats, disposeront d’armements conventionnels, et de destruction massive (en prolifération). Ils les mettront au service du djihad contre l’Occident : ils se donneront pour mission de soumettre le monde entier à la théocratie totalitaire qu’est l’islam. Ambition démesurée, due au fait qu’ils se croient invincibles, grâce à Allah et à leur esprit kamikaze. Dans cette guerre, les Etats-Unis seront le vaisseau amiral de l’Occident, dont Israël sera un poste avancé face à la cauchemardesque barbarie des fous d’Allah. Total sera le soutien américain à Israël, unique démocratie du Moyen-Orient, qui jouera tout simplement sa survie face à des Etats voisins devenus intégristes islamistes et plus que jamais prêts à la guerre. L’Europe n’aura pas d’autre choix que de soutenir franchement l’Etat hébreu, elle aussi, en surmontant ses vains états d’âme. Elle aura d’ailleurs à se transformer profondément pour affronter les périls liés à sa proximité géographique avec l’Islam.

Par effet domino, l’affrontement Occident-Islam se mondialisera très vite. Sitôt les intégristes maîtres du Pakistan et de ses bombes atomiques, l’Inde (travaillée par le fondamentalisme hindouiste) les neutralisera par des frappes nucléaires. Soucieuse d’endiguer l’Inde, la Chine viendra au secours de son allié, le Pakistan, renforçant l’axe islamo-chinois. Le Japon, ennemi héréditaire de la Chine et remilitarisé (son budget militaire est actuellement le deuxième mondial), ainsi que les Etats-Unis, entreront en conflit avec elle. Le fabuleux gisement de pétrole des îles Spratleys en mer de Chine méridionale sera un facteur supplémentaire de guerre. Quant à la Russie, les choix qu’elle fera seront déterminants. Il n’est pas exclu que la misère et le panslavisme la livrent à un Bonaparte russe, la remilitarisant à la hâte pour la lancer contre une Europe riche et sans défense, en se servant de l’Islam comme masse de manœuvre.

Pour compenser l’écrasante supériorité numérique et la farouche détermination guerrière de l’axe islamo-chinois, l’Occident fera, au cours de cette Troisième Guerre mondiale, un large usage d’armes de destruction massive.

Site web de l'auteur

troisieme-guerre-mondiale.com

Extrait

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE A COMMENCÉ
par Laurent ARTUR DU PLESSIS

Le retour de l’Histoire

L’attentat du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers et le Pentagone a déclenché le processus infernal de la Troisième Guerre mondiale. Il a brisé le rêve de paix universelle né de la chute du Mur de Berlin en 1989. Et consacré le retour de l’Histoire, qui est d’essence tragique.
Aujourd’hui, serait-il possible de bloquer l’engrenage de cette Troisième Guerre mondiale ? Non, personne n’en a le pouvoir, pas même le président des États-Unis, pour peu qu’il soit conscient du danger. Les processus psychologiques à grande échelle qui travaillent sourdement l’humanité dans ses profondeurs depuis plusieurs décennies et ont été accélérés par le 11 septembre, ne sont pas maîtrisables par ses dirigeants, aussi visionnaires puissent-ils être. « Ca tombe toujours par là où ça penche », avait coutume de dire la grande historienne Annie Kriegel.
Le monde est un haut-fourneau porté au rouge. Des tensions énormes s’y accumulent. Elles exploseront sous peu. Le pire est certain.
Ne se laissant pas démonter par tant de bizarrerie, la pensée dominante a posé d’emblée un dogme : ces intégristes islamiques constituent une espèce tout à fait étrange et belliqueuse, soit. Mais ils n’expriment pas l’Islam dans son ensemble, ils n’en sont que l’écume vénéneuse et éphémère. Rien à voir avec l’écrasante majorité des musulmans modérés qui eux, maintiendront toujours en lisière ces desperados et resteront accrochés à l’idéal comtiste de l’Amour, de l’Ordre et du Progrès. Il n’y a aucun conflit de civilisation entre l’Occident et l’Islam, qui par une bonne et saine coopération viendront finalement à bout de ces intégristes islamistes en proie à la déraison.
Ainsi, tout peut et doit être gérérationnellement, les hommes comme les choses : c’est le « positivisme scientiste ». Afin que s’étende à toute l’humanité une prospérité génératrice d’une paix universelle et définitive. Le monde tout entier sera alors baigné d’une morale ayant pour devise : « L’Amour pour principe, l’Ordre pour base et le Progrès pour but ».
Auguste Comte était le rejeton d’une prestigieuse lignée de rationalistes. Dont un gentilhomme de la petite noblesse française du XVIIe siècle, René Descartes, militaire, philosophe et savant, fut le père fondateur : il était convaincu qu’il suffit de « bien juger » pour « bienfaire ». Et il considérait la morale comme la branche la plus élevée de l’arbre unique de la connaissance.
Un continuum court de Descartes à Comte en passant par le Siècle des Lumières, et se prolonge jusqu’à aujourd’hui, imprégnant la philosophie pratique, les sciences sociales. Et toute la vision occidentale du monde.

Les civilisations, chaudron de la Troisième Guerre mondiale

Il y a choc des civilisations. Comme en témoigne, à partir des années quatre-vingts, la montée des fondamentalismes islamiste et hindouiste et la « réindigénisation »du monde. Les deux civilisations universalistes, l’Occident et l’Islam, s’affrontent, déclenchant ainsi la Troisième Guerre mondiale.
Il y a un esprit des religions, comme il y a un esprit des lois. Celui de l’islam, c’est la violence. Prétendre que l’islam est une religion pacifique, c’est ne pas regarder la réalité en face ou manier la langue de bois : le Coran recèle une centaine de versets qui sont un appel au meurtre. Et l’histoire de l’islam est celle de ses armes.
L’islam ne dissocie pas le temporel du spirituel. La charia (la loi islamique) doit s’appliquer à tous les aspects de la vie sans exception. Religion prosélyte, l’islam s’est assigné la mission de convertir toute l’humanité, par la persuasion ou la force.
Religion guerrière et conquérante, l’islam le fut dès l’origine, puisque né dans la guerre : Mahomet se mêla à plus de quatre-vingts combats contre les infidèles. Contrairement au Christ, à Bouddha ou à Confucius, il ne se cantonna pas à la prédication, il fut aussi un virulent chef de guerre. Mahomet, fondateur de religion, fit couler le sang à maintes reprises pour l’imposer à ses détracteurs juifs et païens de l’Arabie de l' »ignorance », celle d’avant l’islamisation. Il fit de l’islam une religion pyromane.

Le krach mondial et la Grande Crise économique

Tout le monde attend la reprise. Elle ne viendra pas. Les prochains mois verront les Bourses s’effondrer complètement, entraînant dans leur chute finale les économies réelles. Les foules avaient cru à la génération spontanée des richesses. Le surendettement était devenu la règle dans les secteur privé et public. Le système implose.
« Le monde est parti pour la crise économique du siècle », déclarait récemment Ryoji Musha, stratège de la Deutsche Bank au Japon, au magazine américain Forbes.
L’expert japonais a dit tout haut ce que certains commencent à penser tout bas. Les marchés boursiers sont engagés dans une chute vertigineuse. L’économie mondiale roule inexorablement vers la catastrophe.
Dès 1998, Alan Greenspan, Président de la Banque fédérale des États-Unis (la Fed), disait, dans son discours aux étudiants de l’Université de Berkeley : « Il n’est pas pensable que les États-Unis puissent rester une oasis de prospérité dans un monde qui éprouverait une tension toujours plus grande ».
Le grand marché baissier en cours, et la crise économique qui le suit comme son ombre, ne sont pas une simple correction mineure à l’intérieur d’un trend haussier. Ils signalent au contraire un grand trend baissier, expression d’un changement d’état radical du système économique mondial. Pour la première fois depuis les années trente, toutes les économies chutent simultanément, les États-Unis et l’Europe, encore suspendus à leur gigantesque bulle financière (publique et privée), étant les derniers à être immergés dans la grande déflation mondiale. La déflation est l’effondrement d’un système économique basé sur le crédit.
Les hommes politiques et les directeurs des Banques centrales s’affrontent régulièrement : les premiers réclament toujours de la relance économique à coups de diminutions des taux d’intérêt, pour se faire réélire. Les seconds renâclent : ils savent qu’une facilitation excessive du crédit mène à la faillite.
Mais les politiques, eux, bataillent en première ligne sur le front de la misère. Il leur faut constamment de la relance économique, à tout prix. Les conséquences à long terme, ce n’est pas leur affaire. Dans son livre « Les secrets du temple », William Greider rapporte un affrontement typique, opposant le sénateur Riegle et le Président de la Banque fédérale des États-Unis, Paul Volcker, surnommé « l’homme de fer » en raison de sa maîtrise de l’inflation galopante des années soixante-dix.
William Greider, glacial : « C’est à vous de faire quelque chose pour ça [baisser les taux d’intérêts, pour « stimuler » l’économie]. Honnêtement, à mon avis, ce n’est pas comme si vous étiez un spectateur impuissant… »
Paul Volcker, exaspéré : « Ce n’est peut-être pas aussi simple que vous le supposez, Sénateur… »
Ce genre de conflit avec des parlementaires ou des chefs de l’exécutif inquiets pour leur réélection, nombre de directeurs de banques centrale, aux États-Unis et ailleurs, en ont eu.
Les foules et leurs représentants ont une conception magique des finances publiques, que chaque individu trouverait fantaisiste pour ses propres finances familiales. Personne n’imagine un seul instant qu’à l’échelle près, elles sont pourtant soumises aux mêmes lois : vous ne pouvez pas vivre éternellement à crédit.
Dès les années soixante-dix, les élections en Occident se jouèrent de plus en plus sur l’économie : « les besoins » étant illimités, le rythme des dépenses publiques s’est accéléré, dépassant rapidement la croissance de l’économie réelle. Ces politiques économiques se sont toutes réclamées du keynésianisme. Mais elles outrepassaient les recommandations émises par Keynes lui-même dans les années vingt. Il avait soigneusement expliqué aux dirigeants de l’époque comment utiliser le volume du crédit: c’est une manette des gaz injectant des liquidités dans le circuit économique. Mais il ne faut pas l’utiliser avec excès. Keynes invitait donc les décideurs à ne se servir de ce procédé qu' »exceptionnellement, et allez-y doucement ». Mais, pour les politiciens, chaque élection est exceptionnelle.
Lorsque les risques de cessation de paiement augmentent, la préservation et la sécurité générale du système bancaire ne peut passer que par un relèvement du niveau des réserves. Aujourd’hui, où en est-on ? Depuis un plus haut de 26% en 1948, la Banque fédérale des États-Unis n’a cessé de baisser le niveau : 16,5% de 1975 à 1988, puis 12% en 1990. Après le grand marché baissier du sinistre automne 2001, alors qu’une cascade de faillites de grandes sociétés jaillit du marché, Alan Greenspan décida d’augmenter encore le risque, en baissant les réserves au niveau record de 10%. »Pour la première fois dans l’histoire, constate Kurt Richebächer, l’économie et le marché ont continué à chuter face à l’injection de liquidités monétaires. La Fed a baissé les taux d’intérêt avec une série sans précédent de 11 interventions …et cela n’a pas stimulé l’économie. Ce schéma de retournement n’a pas de précédent depuis la guerre.
Contrairement aux USA des années trente ou du Japon de 1990, la balance des paiements est chroniquement déficitaire après être descendue de –100 milliards de $ par an en 1998 à – 400 milliards en2000. Ce niveau semble maintenu. Mais il est extrême. Si la Fed veut baisser les taux pour injecter des liquidités dans l’économie, elle risque à l’extérieur de perdre le contrôle de la baisse du dollar sous le poids du déficit de la balance des paiements, et de provoquer le crash de la monnaie. Sous un tel choc, le système monétaire international explose, et ce qui reste de l’économie Japonaise et de la fragile économie européenne se désintègre.

L’irrésistible ascension de l’intégrisme islamique dans le monde arabo-musulman

La crise économique de 1929 porta Hitler au pouvoir. Celle de 2002-2003, combinée à l’attaque américaine sur l’Irak, fera tomber les appareils d’État arabo-musulmans sous la coupe des intégristes islamiques, par le vote ou la révolution. Les réseaux intégristes sont fin prêts.
Le marasme économique actuel, en voie d’aggravation rapide, installe désespérance et frustration : une lourde atmosphère de serre où s’épanouit le délire paranoïaque des masses. Les fantasmagories enfiévrées concernant « le complot judéo-américain » prennent possession de l’imaginaire collectif musulman. Elles imputent à l’Amérique et à Israël la responsabilité des échecs et des malheurs de l’Islam. L’Occident « des croisés et des juifs » est accusé de vouloir du mal aux musulmans : il est le bouc émissaire utilisé par le totalitarisme islamiste, pour regrouper les foules autour du djihad, la guerre sainte.
Un phénomène comparable s’est produitdans les années trente en Allemagne. La crise de 1929 avait plongé la République de Weimar dans un grand marasme économique : chômage galopant,dévaluation du mark, montée de la misère. Hitler, qui dans les années vingt n’était pas parvenu à convaincre l’électorat allemand, était maintenant plébiscité : le 30 janvier 1933, le président Hindenburg l’appelait au poste de chancelier. Le petit agitateur professionnel devait sa triomphale marche vers le pouvoir à la crise économique de 1929. Celle-ci lui apportait la réussite sur un plateau d’argent. Sans elle, il serait resté dans les marges obscures de la vie politique allemande.
Le paramètre économique a joué un rôle clé dans l’irrésistible ascension du nazisme. La crise de 1929 fit s’effondrer les digues de la raison et basculer l’Allemagne de Goethe dans la folie collective. Le nationalisme revanchard et la haine des juifs devenaient l’épicentre de la vie politique allemande.
La crise de 1929 fit tomber le pouvoir, comme un fruit mûr, aux mains des nazis. La crise de 2002-2003 portera au pouvoir les mouvements intégristes islamistes dans le monde arabo-musulman. À l’instar des forces qui s’opposèrent au nazisme, celles qui se dressent contre l’intégrisme islamiste sont puissantes : les mouvements laïcisants, l’importante fraction des femmes qui aspirent à l’émancipation, une grande partie des classes moyennes et des milieux d’affaires. Mais, dans ce monde arabo-musulman tourmenté par la crise économique, la combinaison de la séduction et de la terreur montrera sa terrible efficacité, tout comme dans l’Allemagne nazie des années trente.
L’attaque américaine sur l’Irak, intervenant dans ce climat de crise économique, servira de détonateur à la colère musulmane. Ceux des régimes en place qui sont « compromis » avec l’Occident seront balayés.
C’est un raz-de-marée électoral qui aporté Hitler au pouvoir. De même, les intégristes islamistes surferont sur des raz-de-marée électoraux, là où des consultations électorales seront organisées. Ce qui leur fournira une éclatante légitimité politique.
À défaut de consultations électorales, les foules se soulèveront et prendront le pouvoir par la force sous la direction des réseaux intégristes islamistes. Le monde arabo-musulman connaîtra ainsi une vague de révolutions intégristes qui le balaiera de l’Atlantique auPacifique. Ce sera la véritable grande déferlante islamiste, à côté de laquelle celle des années 1980 fera pâle figure.

Le grand jeu pétrolier d’Asie centrale occupait tellement l’esprit des dirigeants américains, qui étaient en train de négocier avec les talibans au sujet des pipelines (de concert avec les Saoudiens), qu’ils ne s’attendaient pas à un attentat islamiste de l’ampleur de celui du 11 septembre, sur leur propre sol.
Ce jour-là, Oussama Ben Laden a renversé la table à jeu.
Les pétroliers américains et saoudiens voisinent dans tous les conseils d’administration qui comptent dans la gestion de l’industrie pétrolière. C’est un écheveau financier inextricable basé sur une confiance mutuelle aujourd’hui volatilisée. Le 11 septembre, Ben Laden mit fin aux noces pétrolières de l’Amérique et de l’Islam. L’Amérique a soudain compris que l’ennemi, ce n’est pas la Russie, ni l’Europe : c’est l’Islam, qui a lui-même pris l’initiative de la désigner, elle, l’Amérique, comme l’ennemi. L’alliance islamo-américaine devenait soudain caduque.
Là où la laïcité échoua, le fanatisme religieux réussira : par la puissance d’attraction de la Oumma (la communauté de tous les musulmans), il fédérera les peuples d’Islam sous l’autorité d’un Grand Califat turc, réminiscence de la splendeur ottomane de jadis. La Turquie sera le porte-étendard de l’Islam.
Tous les intégristes islamistes sont réceptifs à l’idée d’un califat unifiant politiquement la Oumma.
Pour des esprits occidentaux, cette idée de restauration d’un califat est surréaliste, et n’a aucune chance d’être réalisée. Ils méconnaissent la mentalité musulmane, où l’État n’occupe pas une place aussi prépondérante qu’en Occident
La Turquie réunira alors toutes les conditions pour être l’État phare du monde musulman. État phare, la Turquie le sera d’autant plus aisément qu’elle a des liens historiques avec les musulmans d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, des Balkans et d’Asie centrale, qui tous appartinrent à l’Empire ottoman.
Mais aujourd’hui, la vocation impériale turque renaît sous l’impact de l’intégrisme islamiste. La Turquie y puise un carburant hautement énergétique pour elle-même, les peuples turcophones et même le reste du monde arabo-musulman. Le rôle politique et militaire historique des Turcs, guerriers de la foi et soutien de l’islam sunnite orthodoxe, est mis en avant par les intégristes.
Un leader turc charismatique pourrait fort bien émerger de la vague islamiste. Ce personnage hors du commun incarnerait alors le Grand Calife dont a besoin le renouveau de l’islam. Il incarnerait à la fois le religieux et le politique, le guide spirituel et l’homme d’État, le calife et le sultan, à l’instar des compagnons du Prophète. Le prestige et le pouvoir de ce leader charismatique, adossés à la religion et non plus à la laïcité (contrairement à un Nasser par exemple), seraient incommensurables. Il serait la figure de proue de l’ensemble du monde musulman, qu’il serait en mesure de lancer, ou de relancer, à l’assaut de l’Occident.
Cette hypothèse peut sembler irréaliste,voire surréaliste. Mais l’alchimie de l’histoire fait soudainement surgir de l’anonymat des personnages d’exception lors des périodes d’exception. Les réminiscences historiques nourrissent les acteurs de l’histoire en train de se faire. Le Grand Califat est dans tous les esprits musulmans occupés de militantisme islamiste.
Le fait qu’Al-Qaida mette l’accent sur le djihad, est capital : celui-ci fournit à ces jeunes un objectif autrement galvanisant qu’une simple revendication nationaliste axée sur tel ou tel pays musulman, de nature à déboucher après la victoire, sur l’instauration de la charia (la loi islamique) dans le pays en question, généralement pauvre. Effectivement, les pays sous régime islamique (l’Iran, le Soudan, naguère l’Afghanistan des talibans) sont encombrés de difficultés économiques et sociales que l’instauration de la charia est impuissante à régler : ils sont une source de désillusion.
Le djihad contre l’Occident, c’est tout autre chose : c’est une immense promesse de butin. Et c’est, aux yeux de ses promoteurs, un habile stratagème pour éviter de s’empêtrer dans des dissensions internes à l’islam. Rien de tel que l’ivresse des conquêtes extérieurs pour résoudre les conflits internes. La mise en œuvre de ce principe de dérivation centrifuge des énergies présida au lancement des croisades. Elle déclencha aussi bien d’autres guerres en différentes époques et différents lieux.

Le conflit inter-étatique Occident-Islam

Les États arabo-musulmans, une fois devenus intégristes, décupleront l’efficacité du terrorisme en mettant à sa disposition leurs servies secrets et leurs arsenaux d’armes de destruction massive. Face au terrorisme d’État islamique et à ses kamikazes, la lutte anti-terroriste menée par l’Occident sera vaine. Il sera menacé d’implosion.
Au fur et à mesure qu’ils se saisiront des commandes des États arabo-musulmans, les intégristes les utiliseront pour développer des actions terroristes dans le dar al Harb, le territoire infidèle. Cible prioritaire : l’Occident.
Les intégristes disposeront des laboratoires chimiques et bactériologiques mis sur pied et développés depuis de nombreuses années par les États arabo-musulmans tels que l’Algérie, la Syrie, le Pakistan, l’Iran. Et ils auront à leur disposition les services de renseignements de ces États.
Ainsi, les professionnels du renseignement piloteront méthodiquement les activités des terroristes islamistes. Comme le fait depuis plusieurs années l’Inter Service Intelligence (ISI), le service de renseignement pakistanais, avec les terroristes opérant au Cachemire contre les Indiens. Cet adossement du terrorisme islamiste à des appareils d’État, décuplera son efficacité. Ce système se mettra en place dans l’ensemble du monde arabo-musulman.
Le problème de la surveillance des ports fait cauchemarder les services de sécurité américains : ils craignent que les intégristes islamistes n’acheminent vers l’un des ports des États-Unis, par conteneur, une bombe nucléaire ou biochimique, qu’ils feraient exploser une fois celle-ci arrivée à destination.
Pour empêcher cela, il faut connaître l’origine, le contenu et la provenance de tous les conteneurs qui entrent aux États-Unis. Tâche immense : 214 000 navires porte-conteneurs font escale chaque année sur les côtes américaines. Ils y déchargent 5,7 millions de conteneurs de 11 à 22 tonnes venus du monde entier. Comment les contrôler tous ?
Pour tenter d’y parvenir, les Américains mettent en place des standards renforcés de sécurité : scanners géants, réseaux informatiques sophistiqués, infrastructures adaptées, personnels qualifiés. Et ils ont demandé à une vingtaine de ports internationaux, représentant 80% du trafic des conteneurs vers les États-Unis d’appliquer les mêmes règles de sécurité qu’eux. Des ports tels que ceux de Rotterdam, du Havre, d’Algésiras, de Felixtowe (Grande-Bretagne), de Hongkong, ont d’ores et déjà adopté les standards renforcés de sécurité mis au point par les Américains. D’autres ports suivront, sous l’aiguillon de la concurrence.
Mais pas tous, loin de là : cette sécurité renforcée est extrêmement coûteuse. Le plan de sécurité maritime que les Américains mettent en place est évalué à deux milliards de dollars. Ils comptent assurer le financement de ces dépenses par la mise en place d’une taxe générale sur les hommes et les marchandises.
En Europe, la sécurité coûterait entre 80 et 100 euros par conteneur. Les besoins en équipements des ports européens sont énormes. Par exemple, le Havre demande trois ou quatre scanners Sycoscan mobiles valant chacun 4,5 millions d’euros. Les Quinze devront se mettre d’accord pour financer cette sécurité maritime renforcée : cela se fera-t-il par taxe (suivant l’exemple américain), ou subventions? Une absence d’harmonisation dans le mode de financement introduirait des distorsions de concurrence entre les ports européens.
Le renforcement de la sécurité maritime ne se limitera pas aux porte-conteneurs. L’Organisation maritime internationale compte faire adopter en décembre prochain une nouvelle charte mondiale de la sécurité, qui dépassera le trafic marchand : elle concernera aussi les grands paquebots, qui sont des cibles potentielles de première importance pour les terroristes.
La sécurité maritime renforcée est un dispositif dont la mise en place est compliquée et le coût exorbitant. Au fur et à mesure que les économies occidentales s’enfonceront dans la crise, elles auront des difficultés croissantes à assurer le financement de ce type de mesures.
La fiabilité du dispositif de sécurité maritime renforcée est-elle totale ? Le volume du trafic commercial international rend impossible une totale étanchéité du dispositif. Des armes de destruction massive passeront forcément à travers les mailles du filet, à la faveur de défaillances techniques ou humaines.
Une action terroriste réussie, de type chimique, bactériologique ou nucléaire, dans un port occidental de première importance comme New York ou Rotterdam, ou même de deuxième rang comme Marseille ou Gênes, entraînerait une psychose généralisée. Celle-ci plomberait un commerce international déjà fortement diminué par la crise économique, qui s’en trouverait aggravée.
Israël dispose de services de renseignement qui sont parmi les meilleurs du monde. Ils sont à même d’infiltrer les milieux arabes, grâce aux Israéliens originaires d’Afrique du Nord, bons connaisseurs des langues et des cultures arabo-musulmanes. Israël possède une grande expérience de la lutte antiterroriste, étant sur la brèche tous les jours depuis de nombreuses années. Et il ne parvient pas à endiguer la montée du terrorisme.
Les kamikazes, qui pourtant n’ont utilisé jusqu’à maintenant que des explosifs classiques, minent l’économie d’Israël et font fuir ses cerveaux. Le système kamikaze tient en échec la lutte antiterroriste israélienne.
Israël est le laboratoire de l’Occident en ce domaine. Ses échec seront ceux de l’Occident.
Là où les services secrets israéliens échouent, comment leurs homologues américains réussiraient-ils? Ils sont si WASP, si peu habiles à l’infiltration des milieux musulmans…