OGM Semences de destruction

William Engdahl

 8,90 24,00

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 24,00
Collection : Auteur : Pages: 304 ISBN: 9782865532865

Description

Ce livre montre comment une petite élite américaine tente de contrôler les bases même de la survie de l’humanité : le pain quotidien.« Contrôlez l’alimentation, et vous contrôlerez les peuples » déclarait Kissinger au milieu des années soixante-dix. C’est ce qui est en train d’être fait.

Au-delà des controverses scientifiques sur leurs bienfaits ou leurs dangers, William Engdahl retrace la saga du projet malthusien qui guide la diffusion et la prolifération des OGM, à coups de pressions politiques, de fraudes, de mensonges. Le groupe à l’œuvre derrière le projet OGM est à une ou deux décennies de la domination totale des capacités nourricières de la planète.

« Semences de destruction » mène le lecteur aucœur du pouvoir américain, dans les laboratoires secrets où sont expérimentées les manipulations génétiques, derrière le portes soigneusement interdites des grandes multinationales comme Monsanto, aussi puissantes que celles qui exploitent le pétrole. Il montre que la volonté de pouvoir sur l’alimentation des peuples, conçue à la fin des années trente, est la dernière carte del’empire américain en danger de perdre son leadership. Si ce livre se lit comme un roman noir, c’est qu’il en est un.

Préface de José Bové.

La Confédération paysanne, qui lutte pour une agriculture respectueuse de l’environnement, s’engage derrière ce livre.

Informations complémentaires

Dimensions 24 x 15.5 x 2.5 cm

Site web de l'auteur

www.engdahl.oilgeopolitics.net

Extrait

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 – Article 35

Dans Pétrole, une guerre d’un siècle, Engdahl dénonçait déjà la main mise des acteurs américains sur cette énergie fossile qu’est le pétrole. Avec OGM : Semences de destruction, l’arme de la faim, ne risque-t-il pas d’être accusé de conspirationnisme ?

Pourtant, ceux-là mêmes qui crient au complot avec la détermination de caste qui les unit, s’emploient à développer une multitude d’applications qui n’ont pour objectif que le rendement financier à court terme. Ce sont les mêmes qui, développant à marche accélérée et pour leur seul profit les innovations issues de recherches fondamentales, répandent, au détriment des peuples et pour mieux les exploiter, des produits dont les conséquences se révèlent désastreuses.

Aux OGM végétaux succèderont bientôt les OGM animaux, voire d’autres encore, déjà prêts dans les tiroirs de la recherche. À l’exemple des plantes mutagènes sélectionnées à l’aide de marqueurs assistés, ou des pesticides et engrais chimiques de synthèse remplacés par des produits soi disant phytosanitaires, au prétexte de mieux protéger les plantes. Et que dire des biocarburants qui n’ont de bio que le préfixe ? Ces agrocarburants dévorent les surfaces agricoles à vocation alimentaire sans régler les problèmes énergétiques auxquels nous sommes confrontés.

Est-ce entretenir la théorie du complot que de dénoncer l’abus, à notre porte, de l’usage des nanotechnologies au détriment, tout simplement, de la science et de ses bienfaits ?

Elle pourrait être encore longue la liste des produits brevetés de cette puissante techno-science !

Non, avec William Engdahl, il ne s’agit pas de théorie du complot, ni de paranoïa anti-américaine, mais de l’éclairage méthodique et argumenté de choix politiques parfois anciens, fondés sur une conception du monde qui nie le vivre ensemble tout en prévoyant les affrontements qui peuvent en résulter. Face aux conséquences humaines et sociales désastreuses de ces choix, nos sociétés civiles ont besoin de comprendre les logiques de ces projets qui les dépouillent de leur patrimoine.

Nous ignorons trop souvent le rôle récurrent de certaines fondations privées américaines richissimes, ces fameux lobbies qui, intervenant au milieu des affrontements politiques et économiques, pilotent ou favorisent à leur gré des groupes de pression sociopolitiques et économiques.

Dans cet ouvrage, William Engdahl nous fournit une brillante perspective historique de ces logiques qui tendent à dominer nos existences. Au fil de la lecture, ceux qui, en France et en Europe, se sont opposés depuis les années 1995 à la mainmise de ces lobbies sur le vivant et l’alimentation par le biais des plantes pesticides brevetées (les OGM), se sentiront confortés dans leur démarche : des premières dénonciations aux actions de désobéissance civique, les choix de leur forme d’action s’en trouvent légitimés.

Pour la Confédération paysanne, co-éditrice de cet ouvrage, le parcours est cohérent, qui mène de Saint-Georges d’Espéranche, première action contre un essai de plantation de colza en juin 1997, à la clause de sauvegarde de février 2008 interdisant le maïs OGM Mon810.

Dès 1995-96, la Confédération s’empare de la question des OGM, où la place que tient le brevet au sein de cette nouvelle technologie végétale l’intrigue considérablement.

Depuis, combien de combats menés ! Pour preuve, pas moins de cent cinquante articles ou éditoriaux sont publiés sur le sujet par sa revue Campagnes solidaires.

Sans l’action de Nérac (Lot-et-Garonne), en janvier 1998, le maïs serait OGM partout en France et l’on n’en parlerait plus. Aujourd’hui, si l’on ne cultive pas de colza OGM en France, c’est que de Saint-Georges d’Espéranche (Isère) à Gaudiès (Ariège), les luttes menées ont imposé un moratoire de fait sur cette plante dont la culture délicate, mal menée, peut entraîner des dégâts économiques et environnementaux encore plus importants que celle du maïs.

Sans l’intervention au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Montpellier en 1999, le riz serait passé des serres de la recherche publique aux rizières de Camargue. Au cours de cet épisode, la voix des professionnels de la recherche avait montré que la technologie OGM ne faisait pas l’unanimité en son sein.

Au jour le jour, l’approfondissement de l’expertise paysanne militante sur les questions sanitaires, environnementales et économiques a permis d’entretenir et d’enrichir la vigilance du début.

Jusqu’en 2003, la Confédération paysanne a organisé la montée en puissance de la résistance aux essais et aux quelques tentatives de cultures illégales. Cette période a permis d’imposer ces questions dans le débat public. Les rapports, les conférences citoyennes se sont succédé sans évolution notable de la position du gouvernement malgré les recommandations de « prudence » émises par son Comité des quatre sages. C’est alors que, pour préserver le syndicat de plus en plus exposé, la société civile solidaire créa le Mouvement des Faucheurs volontaires ; puis, à partir de l’été 2004, face à la carence des gouvernants, c’est au nom de l’état de nécessité que furent menées les actions de désobéissance civile de fauchage sur les parcelles OGM.

Les procès qui s’ensuivirent amplifièrent le débat par le biais de tribunes dont le véritable objectif était de revendiquer la responsabilité individuelle et collective de ces actions. Plusieurs relaxes furent obtenues (Orléans, Versailles, Chartres). Ces tribunes et ces actions communes bâtirent progressivement la revendication collective de moratoire sur les OGM. La campagne pour « Le droit et la liberté de produire et consommer sans OGM » ne cessera d’imposer le débat dans l’espace public oppositionnel français et européen.

Imposé en 2008, le moratoire sur la culture du maïs Mon810 est le résultat d’un long combat. Initié en 2006 à l’occasion d’un débat législatif, il se prolonge par un premier jeûne pendant la campagne présidentielle de 2007 ; puis par l’organisation en octobre de la même année d’une marche depuis Chartres jusqu’à Paris et d’une seconde grève de la faim en janvier 2008.

La souveraineté alimentaire des nations étant désormais menacée, il s’agit de défendre, avec les ONG environnementales et la société civile, le droit des peuples à disposer d’une alimentation de qualité en quantité suffisante. Il est devenu urgent de faire progresser les différents éléments qui fondent l’autonomie alimentaire, à commencer par les semences qui en sont le premier maillon.

Face à cette résistance citoyenne, les serviteurs de l’hyper puissance œuvrent à la poursuite de leur projet de domination par le moyen du libre échange mondialisé des matières premières agricoles et du dépôt de brevet sur le vivant. Ainsi, quatre grandes sociétés semencières multinationales biotechnologiques détiennent des brevets portant sur 532 gènes par lesquels elles prétendraient adapter les plantes cultivées aux effets du réchauffement climatique.

Sans relâcher leur effort, les négociateurs américains imposent à l’OMC le principe de l’équivalence en substance, dogme sans fondement scientifique qui, en permettant l’importation de produits destinés à l’alimentation humaine ou animale comportant des traces d’OGM, remet en cause l’actuelle tolérance zéro européenne.

Ces mêmes négociateurs travaillent à imposer l’évaluation des OGM par des agences scientifiques dans le but de neutraliser un arbitrage politique qui risquerait de répondre aux aspirations des paysans et des peuples.

Usant de leur puissance pour s’imposer en agriculture comme dans les services, l’Europe et les Etats-Unis, dépassant le pseudo multilatéralisme si malmené par l’OMC, obligent les pays plus faibles à signer les Accords de Libre Echange bilatéraux(ALE).

Face à ce contexte menaçant, les résistances solidaires et coordonnées, doivent, encore et toujours, se multiplier.

Merci à William Engdahl. Par son apport, il nous aide à mieux comprendre les enjeux géopolitiques de notre temps. Il nous engage à relever la tête, à refuser la servitude volontaire.

Il n’y a de combats perdus que ceux que nous ne menons pas.

José Bové
Juillet 2008

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