par FRANÇOIS-RÉGIS LEGRIER Conflits Le discours du chef d’état-major des armées (CEMA) aux maires de France le 19 novembre dernier a suscité une vive polémique. Évoquant la possibilité d’un conflit ouvert avec la Russie, le général d’armée aérienne Fabien Mandon souligne le risque que la nation manque de force d’âme et que le pays « flanche » faute d’être prêt à « accepter de perdre ses enfants ». Par le Colonel (e.r) François-Régis Legrier Cette expression, sortie le plus souvent de son contexte, a fait réagir d’un bord à l’autre de l’échiquier politico-médiatique. Curieusement, les premiers concernés, en l’occurrence les maires de France, se sont peu exprimés, signe que sur le moment, cette intervention n’a pas été perçue comme outrageusement scandaleuse. La polémique étant retombée, il n’est pas inutile de revenir sur un discours ambivalent à plus d’un titre et qui invite à s’interroger sur notre conception de la patrie, notre outil de défense et plus largement les défis géopolitiques auxquels notre pays se trouve confronté et qui ne saurait se résumer…
Catégorie : Actualités
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Ukraine : Macron européanise les pertes et américanise les bénéfices
par Thibault de Varenne le Courrier des stratèges Sous les ors de la salle des fêtes de l’Élysée, ce 6 janvier 2026, la diplomatie française a célébré ce qu’elle appelle un « tournant historique ». La création de la « Coalition des volontaires », actée par la Déclaration de Paris, est présentée comme le triomphe de l’autonomie stratégique européenne et le sauvetage de l’Ukraine face à l’agression russe. Pourtant, à y regarder de plus près, derrière les sourires de façade d’Emmanuel Macron, de Keir Starmer et les acquiescements distants des envoyés de Donald Trump, se dessine une réalité beaucoup plus crue. Ce sommet ne marque pas l’avènement d’une Europe puissance, mais la ratification d’un contrat léonin où le Vieux Continent accepte de payer le prix du sang et de la dette, tandis que l’Amérique de Trump s’adjuge, avec un cynisme décomplexé, le monopole du profit et de l’arbitrage politique. Il flottait un parfum d’étrangeté, ce mardi, au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Jamais, sans doute, un sommet…
Médecins en grève : les esclaves bac +10 demandent des chaînes plus longues
Le courrier des stratèges Les médecins, à commencer par les médecins de ville, sont en grève contre la bureaucratisation de leur profession. Problème : ils sont les premiers à la demander, à l’image de l’UFML de Jérôme Marty qui s’est roulé dans la fange de l’asservissement à la politique sanitaire durant le COVID, pour en déplorer les effets aujourd’hui. La France se réveille ce matin avec une gueule de bois sanitaire. De Dunkerque à Biarritz, les cabinets médicaux ont baissé le rideau. « Je ferme », proclament les affichettes sur les portes closes, relayant le mot d’ordre d’une intersyndicale hétéroclite qui a réussi le tour de force de réunir la carpe et le lapin : les notables de la CSMF, les gestionnaires de MG France et les agités du bocal de l’UFML. Budget de la sécu : la liste complète de ce qui a été adopté L’Assemblée Nationale vient d’adopter à une courte majorité (247 voix pour, 234 contre, et 93 abstentions) le projet de loi de financement de la sécurité…
La France est mondiale mais personne ne la pense
par JEAN-BAPTISTE NOÉ Tous les politiques le jureront, la main sur le cœur, ils aiment les outre-mer. Si les déclarations d’amour sont toujours agréables à entendre, seules comptent les preuves de cet amour et, en matière d’outre-mer, force est de constater que ces territoires font partie du non pensé français. La matraque et le chéquier. Les outre-mer ne sont évoqués que lors des catastrophes naturelles, séismes ou cyclones, quand s’ouvre le carnet de chèques pour la reconstruction et que promesses sont faites que la solidarité nationale n’abandonnera pas les territoires meurtris ; ou bien lors des émeutes, quand est sortie la matraque, afin de rétablir l’ordre républicain, jusqu’à la prochaine éruption sociale. La CAF et la gendarmerie sont les deux figures républicaines visibles de la présence française en outre-mer. Victime d’un glaucome géopolitique qui ne lui fait voir que l’Afrique de l’Ouest, la France oublie qu’elle n’est pas qu’européenne et que, depuis plusieurs siècles, son histoire s’écrit le long de treize fuseaux horaires, faisant d’elle le pays couvrant le…
La révolte agricole à la périphérie sud de l’Europe : l’avertissement de la Grèce au projet fédéraliste de l’UE
par Adrian Korczyński Réseau international Tandis que les institutions de l’Union européenne s’enlisaient dans l’élaboration de sanctions successives et la négociation des complexités liées à la saisie des avoirs russes, le flanc sud du bloc sombrait dans une profonde crise sociale. Pendant la quasi-totalité du mois de décembre 2025, la Grèce a connu l’une de ses plus graves convulsions internes depuis le pic de la crise de la dette. Il ne s’agissait cependant pas d’une grève classique ni d’une série de manifestations sporadiques. Ce fut une paralysie prolongée et coordonnée de l’État lui-même – une révolte dirigée non seulement contre le gouvernement d’Athènes, mais contre la logique même de gouvernance imposée par le modèle bureaucratique centralisé de l’Union européenne. Les événements en Grèce se sont révélés bien plus qu’un incident local ; ils constituent une étude de cas cruciale des vulnérabilités structurelles du projet européen à l’ère de la multipolarité géopolitique et économique croissante. La paralysie, arme ultime des dépossédés Pendant près de quatre semaines, les infrastructures critiques…
Cinq sanctions américaines, des milliers de censurés européens
PAR POLÉMIA | 28 DÉCEMBRE 2025 L’indignation récente de l’Union européenne et du Royaume-Uni, à la suite de sanctions américaines visant cinq individus impliqués dans des politiques de censure, mérite d’être examinée avec sang-froid. Les réactions rapportées par la presse américaine ou européenne relèvent moins d’une querelle diplomatique que d’un réflexe de défense, celui d’un système qui ne supporte plus d’être mis en cause par ceux qu’il prétend souvent donner en exemple. Les autorités européennes et britanniques dénoncent une atteinte à leur souveraineté et une ingérence idéologique. Cet argument serait recevable si ces mêmes autorités n’avaient pas, depuis des années, installé une censure idéologique diffuse, parfois administrative, parfois judiciaire, dont l’objet n’est plus tant l’ordre public matériel que la protection d’un ordre symbolique. La logique est devenue préventive. On n’attend plus le trouble, on neutralise d’avance la parole qui pourrait le produire, ou simplement la parole qui pourrait déplaire. Il faut rappeler une évidence que les communiqués officiels évitent soigneusement, les premières victimes des censeurs européens sont…
Édito – France : Un coup d’État est-il possible ?
Réalisation Le Lab Le Diplo L’Édito de Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate média Fantasmes numériques, République résiliente et vieilles leçons de l’Histoire Ces derniers jours, une vidéo générée par l’IA a brièvement enflammé les réseaux sociaux (plus de 12 millions de vues !). Une fausse journaliste, au ton grave et faussement solennel, annonçait la chute d’Emmanuel Macron et l’instauration d’un pouvoir militaire à Paris. Bien entendu, rien de réel. Un montage numérique fabriqué depuis l’étranger par un adolescent en quête de notoriété, rapidement démonté… mais suffisamment crédible pour semer le doute, au point que certains chefs d’État africains ont cru nécessaire d’appeler l’Élysée pour vérifier si la France n’avait pas, discrètement, basculé dans la nuit. Ne cherchez plus la vidéo, elle a été supprimée sous la demande expresse de Paris… L’épisode prête à sourire, mais il est révélateur. Il ne dit rien d’un coup d’État imminent, mais beaucoup de notre époque et de notre pays : une société inquiète et à cran, un espace informationnel en pleine révolution, et une…
Le plan de défense de l’UE à 800 milliards d’euros : une ligne Maginot du XXIᵉ siècle
PAR POLÉMIA | 19 DÉCEMBRE 2025| Alors que les dirigeants européens rivalisent de déclarations martiales et de promesses budgétaires spectaculaires, un rapport récent du MCC Bruxelles vient brutalement rappeler une vérité dérangeante : l’Europe n’est pas prête à la guerre — ni matériellement, ni politiquement, ni moralement. Présentée comme une réponse historique aux menaces géopolitiques actuelles, la feuille de route européenne pour la préparation de la défense à l’horizon 2030, dotée de 800 milliards d’euros, pourrait bien n’être qu’une illusion stratégique de plus. Selon les auteurs du rapport, elle ressemble moins à un sursaut de puissance qu’à une nouvelle ligne Maginot : coûteuse, rassurante sur le plan politique, mais fondamentalement inefficace. Lucas Chancerelle Sommaire masquer 1. Une Europe qui prépare la guerre… d’hier 2. Une faiblesse stratégique structurelle 3. L’absence de volonté politique commune 4. La crise morale : le talon d’Achille européen 5. Une Union européenne inapte à la guerre Une Europe qui prépare la guerre… d’hier Rédigé par le professeur Bill Durodié, le rapport dresse un…
Le cochon de Troie de Trump
par Forum Geopolitica Voici un cochon de Troie ukrainien ! Imaginez Trump et Poutine éclatant de rire. Une fuite récente concernant le soi-disant «plan de paix pour l’Ukraine» semble indiquer qu’un élément clé de ce plan est l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Et pas à une date vague dans le futur, mais précisément le 1er janvier 2027 – sinon gare aux conséquences ! Si vous y réfléchissez bien (ce que je vous encourage vivement à faire), vous aussi vous éclaterez de rire. À moins que vous ne viviez dans l’UE, auquel cas vous pleurerez inconsolablement. Désolé, mais c’est la vie ! Deux générations entières d’Ukrainiens (depuis le milieu des années 1980 au moins) ont eu le cerveau lavé par la propagande occidentale. En conséquence, le moment venu, ils sont allés manifester sur la place Maidan (alias place de l’Indépendance) pour réclamer des expressos, des sous-vêtements en dentelle et des iPhones, que l’intégration à l’UE était censée leur offrir. Ils ne voulaient pas de cette horrible Union douanière…
Europe : La révolution qui vient — sursaut ou disparition
Réalisation Le Lab Le Diplo L’Édito de Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate média Ils ont l’air surpris, nos bons esprits bruxellois. Comme si la marée pouvait s’arrêter par décret ou par de nouvelles normes. Or, depuis janvier, une évidence se dessine : la révolution conservatrice américaine — disons les choses crûment, la révolution Trump — est en train de traverser l’Atlantique. Et les palais feutrés de l’UE se découvrent une peur nouvelle et vraie celle-là : non pas Moscou, non pas Pékin, mais les peuples européens qui, connectés, informés autrement, n’achètent plus les catéchismes d’hier. Quand on perd le monopole de l’information, on perd tôt ou tard le monopole du pouvoir. Les chancelleries européennes l’ont compris ; elles s’affolent. La fin de l’innocence stratégique Quant à la nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine (NSS 2025), elle n’est pas un énième tract : c’est un retour au réalisme. Le texte acte une hiérarchie simple : Chine premier compétiteur systémique ; Russie puissance perturbatrice régionale mais partenaire potentiel et souhaitable…
