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Lire la presse est dangereux pour votre santé financière

 Par Charles Gave 14 mai 2018   Si j’en crois la presse française, l’économie en Grande-Bretagne va mal, très mal, et cela serait dû à la décision de quitter ce havre de paix et de croissance que serait l’Europe, admirablement gérée par nos chères élites technocratiques comme chacun le sait. Nos médias expliquent ainsi que la croissance du PIB en Grande-Bretagne serait en train de s’effondrer. Il est vrai que les chiffres du dernier trimestre n’ont pas été bons. Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que cet « effondrement » vient de la quasi-stagnation des dépenses de l’état depuis que les conservateurs sont revenus au pouvoir. Admettons que 50 % du PIB dans un pays soit d’origine étatique et 50 % viennent du secteur privé. Si le secteur étatique cesse de croître, la moyenne des deux va baisser. Celui qui pense que cette baisse est une mauvaise nouvelle croit sans doute que l’Union soviétique a été un immense succès…  De fait, depuis le retour des Conservateurs, le poids…

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En France, l’État déclare ce qui est de l’art ou ne l’est pas

Par Aude de Kerros.   La démission du peintre Rémy Aron de la Présidence de la Maison des Artistes1 est l’occasion d’évoquer une réalité dont le grand public n’a pas toujours conscience : dans le domaine de la création artistique la France est un pays dirigiste. UNE DIVERSITÉ DES COURANTS ARTISTIQUES IGNORÉE PAR LA DOXA ARTISTIQUE DE L’ÉTAT C’est le motif de cette démission : Rémy Aron a tenté de faire reconnaître par l’État la diversité de la création en France, sans succès. Depuis les années 1980, le ministère de la Culture ne tient compte que du seul courant conceptuel – seul « contemporain » à ses yeux. La bureaucratie culturelle a alors rompu avec ce qui a été le fondement de l’identité artistique parisienne : la présence simultanée de tous les courants artistiques d’Europe et du monde2, de l’académisme aux avant-gardes les plus diverses, de toutes les singularités. C’est ce qui a attiré à Paris artistes et amateurs du monde entier pendant plus d’un siècle. C’est encore ce qui est attendu de…

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Marx a-t-il changé le cours de l’Histoire ?

6 mai 2018 par Philippe Fabry Puisque c’est le deux centième anniversaire de la naissance de Karl Marx et que l’on nous en rebat les oreilles, et que se battent ceux qui lui attribuent directement les 100 millions de morts du communisme et ceux qui cherchent à l’exonérer de toute responsabilité, c’est l’occasion idéale pour le théoricien de l’Histoire que je suis de rappeler que l’historionomie peut justement permettre de mesurer ce qui relève d’une individualité remarquable et ce qui n’en relève pas. Ainsi, j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer très brièvement – la version longue sera, entre autres, le sujet de mon prochain livre à paraître à l’automne – que la révolution « marxiste » de 1917 fut en fait l’occurrence russe du type de révolution nationale affectant tout Etat-nation en construction de taille suffisante. Pour le surplus, je me contenterai de reproduire ici un extrait de mon Histoire du siècle à venir, dans lequel j’avais précisément traité la question du rôle déterminant – ou pas – de Karl Marx.…

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L’Homélie du Dimanche

Par Charles Gave 30 avril, 2018   Il y a environ cinq ans, j’avais été invité par des amis anglais a une petite cérémonie qu’ils organisaient dans la « City » en mon honneur pour fêter mes quarante ans de carrière dans la finance. Je dois avouer que j’avais été profondément ému par cette initiative et que du coup, mon petit discours de remerciement avait été un peu tremblotant. J’ai raconté cette expérience dans l’une de mes chroniques du lundi et les lecteurs pourront la retrouver sur le site. Je viens de connaître une expérience un peu similaire, à Paris cette fois. Des anciens de l’Institut de Formation Politique (IFP) m’avaient demandé d’organiser une conférence devant une association qu’ils ont créée et le sujet de la présentation était… moi ! Je devais leur expliquer tout d’abord quel avait été mon parcours personnel et professionnel dans une première partie avant que de développer ce qu’était pour moi le Libéralisme dans une deuxième. Bien entendu, la première partie était de loin la plus…

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Bataille entre Trump et l’état profond aux USA : une mise a jour

Par Charles Gave 23 avril 2018   Compte tenu de la complète nullité de le la presse française dès qu’il s’agit de ce que dit ou fait monsieur Trump puisqu’elle ne prend ses informations que du New York Times, j’ai pensé qu’une petite mise à jour de ce qui se passe à Washington intéresserait peut-être les lecteurs de l’IDL. En voici un (très bref) résumé. Le numéro deux du FBI, Andy McCabe a été viré du FBI il y a quelques semaines en perdant tous ses droits à la retraite pour faute(s) lourde(s) à la suite d’une enquête diligentée par monsieur Horowitz, contrôleur général de l’administration aux USA, personnage totalement indépendant des pouvoirs politiques et qui d’ailleurs avait été nommé à ce poste par Obama. La semaine dernière, la même administration a demandé à ce que monsieur McCabe soit inculpé par le ministère de la Justice pour avoir menti au moins trois fois lors de témoignages qu’il avait effectués sous serment devant le Congrès, ce qui aux USA…

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L’inventeur de la balançoire à double godemichet bientôt à l’Académie des Beaux-Arts ?

Par Nicole Esterolle Comparable à  l’entrée d’ analphabètes à l’Académie  Française , voici,  après Jean-Luc Bustamante, que Fabrice Hyber  va sans doute être élu à  l’Académie des Beaux-Arts. Le 25 avril, on va savoir si les réseaux tant institutionnels que marchands de l’art dit contemporain, ont réussi leur deuxième intrusion dans cette vénérable institution qu’est l’Académie des Beaux-Arts, sur laquelle il semblent déterminés à établir leur tutelle. Mr Bustamante comme Mr Hyber sont des conceptalo-posturaux, déconstructionnistes , casseurs de code, sociétalo-questionnatoires, qui revendiquent ne savoir ni dessiner, ni peindre et méprisent ces aptitudes…Ils sont ainsi des produits exemplaires de l’appareil culturel d’Etat dont s’est doté  la 5 ème République pour faire rayonner l’art français dans le monde. Mr Bustamante doit sa notoriété hexagonale d’artiste à la remorque de camion qu’il avait introduite dans une chapelle à Carpentras, il y a une dizaine d’années. …et obtenu 80 000 euros de dommages et intérêts ( au titre de destruction d’œuvre d’art),  après que le Maire le Ville (pourtant pas FN) eût fait…

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la situation diplomatique internationale autour de la Syrie

par Philippe Fabry 17 avril 2018 1-Dans une tribune publiée sur le site Bloomberg, l’économiste américain Tyler Cowen se réfère à l’histoire et à la théorie des jeux pour décrire le cas syrien. Selon lui, la multiplicité des acteurs sur le terrain, de l’Iran à la Russie, en passant par la Turquie et les interventions israéliennes et occidentales, soutenues par l’Arabie saoudite, font entrer le terrain syrien dans un niveau de complexité tendant à le rendre aussi imprévisible que dangereux. Une situation qui pourrait ainsi se différencier d’autres crises internationales majeures, plus simples dans leur lecture, mais qui pourrait s’apparenter aux événements de 1914. Cette comparaison est-elle pertinente ? ​ La multiplicité des acteurs est indéniablement un obstacle à la résolution des différents par des négociations et la recherche de compromis : il est évident que l’on trouve plus rapidement un terrain d’entente à deux qu’à trois, quatre ou dix. Chaque intervenant ou groupe d’intervenants ayant son intérêt, la paix pure et simple est très difficile à faire, et…

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Mais que se passe-t-il au Moyen-Orient ?

Par Charles Gave 16 avril 2018 Tout le monde au Moyen-Orient connaît la blague du scorpion et de la grenouille. Un scorpion veut traverser une rivière et demande à une grenouille de le porter sur son dos. La grenouille refuse en lui disant qu’elle craint d’être piquée, ce à quoi le scorpion répond que ce serait idiot de sa part puisque tous les deux se noieraient. Bonne fille, la grenouille, convaincue par l’argument, accepte de faire traverser le scorpion. Au milieu du fleuve, bien entendu, le scorpion pique la grenouille qui avant de couler lui demande » : mais pourquoi as-tu fait ça ? » Et le scorpion de répondre « parce que nous sommes au Moyen-Orient ». Voilà une historiette qui résume parfaitement ce qui se passe là-bas depuis des décennies… Mais si j’osais un commentaire, je dirais que les choses vont de mal en pis tant les locaux, non contents de se taper dessus avec beaucoup d’entrain, doivent aussi faire face à des interventions de puissances étrangères qui semblent beaucoup plus intéressées…

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Mais d’où vient la haine des riches ?

FIGAROVOX/ANALYSE – Philippe Fabry voit dans l’histoire sociale du XIXe siècle, marquée par le suffrage censitaire jusqu’en 1848 et l’interdiction des syndicats jusqu’en 1884, l’explication de l’hostilité française à l’égard des riches. L’argent est envié et le patron, toujours coupable d’oppression dans la psychologie collective, détesté par beaucoup. Philippe Fabry est docteur en histoire du droit. Il a notamment publié Rome, du libéralisme au socialisme. Leçon antique pour notre temps (éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2014). La richesse des grands patrons français soulève l’indignation. On multiplie les calculs pour montrer à quel point leur enrichissement est «indécent» comparé au revenu d’un salarié au SMIC, sans jamais réfléchir aux causes de cet enrichissement et à ses retombées sur l’économie française. Ce qui nous intéresse ici est ce mal très français: la haine du riche, toujours perçu comme exploiteur, avide, malfaisant et voleur. L’interrogation à propos de son origine est souvent soulevée, mais trouve rarement une réponse satisfaisante. On cite souvent le catholicisme ou l’esprit latin, mais il faudrait alors expliquer pourquoi…

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Éléments de langage et réalités politiques

Par Charles Gave 9 avril 2018 Chacun sait que nos élites ne font plus de discours, mais utilisent ce que leurs conseillers appellent des « éléments de langage » pour communiquer avec les gens d’en bas (ou les « sans dents », ce qui est la même chose.) Essayons de traduire en bon français ce que peuvent bien être ces « éléments de langage ». Le principe est très simple : il y a des mots qui ont une résonance positive dans l’esprit de tout un chacun du type « amour maternel » et l’un de ces mots dans le vocabulaire politique est « démocratie ». L’embêtant c’est que tous ceux qui se présentent à des élections sont, en général, pour la démocratie, au moins en parole. Le candidat va donc demander à ses spécialistes en communication de lui fournir des adjectifs ne signifiant pas grand-chose, mais qui auront des résonances positives chez les électeurs et qu’il pourra accoler à « démocratie ». Prenons par exemple l’adjectif « social » ou bien encore un autre adjectif « participatif. « Notre candidat ne va donc plus être simplement…

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