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COMMENT VA LA RECHERCHE EN ART CONTEMPORAIN ?

par Nicolle Esterolle

Rassurez-vous, elle va bien, et d’autant mieux qu’elle n’a rien encore trouvé, et que cela justifie qu’elle poursuive sa tâche aussi noble que désintéressée… Et qu’elle continue d’être alimentée en subventions.
Le postulat de fond à ne pas oublier pour aborder ce sujet, c’est que l’art dit contemporain n’est pas un art au sens commun, habituel ou historique du terme… Non, il s’agit d’un art totalement nouveau, d’un art sans art, immatériel et de pensée pure… « C’est quand j’ai compris que l’art contemporain n’était pas de l’art, que je suis devenu artiste contemporain » avait déclaré Bertrand Lavier , l’ex-horticulteur, parvenu ensuite au top five des stars de l’art officiel français…
Cet « art sans art », comme le dit Jean-Philippe Domecq, ce trou avec rien autour, cette absence au monde réel, cette béance ontologique, peut donc devenir l’objet d’une recherche sans objet, c’est à dire d’une recherche absolument fondamentale, d’une radicalité et d’une pureté absolues.
Et l’on assiste alors à cet étonnant retournement qui fait que cette recherche sans objet devient elle-même l’objet de sa recherche… Stupéfiante acrobatie , non ?…Mais d’une imparable logique

Et c’est ainsi que, dans la dynamique de ce tête à queue ahurissant, le discours sur l’art remplacera l’art inexistant, pourra se déployer sans contrainte et devenir la substance même de cet art nouveau et contemporain en diable, que certains qualifient de « processuel et discursif », c’est à dire de concept et de discours …Une chance inespérée pour les beaux parleurs, la cuistrerie critique d’art, la science de l’art et autres fellateurs du néant fonctionnarisés.

Et c’est ainsi que sont apparus, ici ou là, des « pôles » dédiés à la recherche de pointe en art contemporain…Citons le CRAC, Centre de Recherche en A.C. de Montbéliard (Donbs) , et , au cran au-dessus, le IRAC, Institut de recherche en AC de Villeurbanne (Rhône) , le seul qualifié d’Institut car possédant un « Laboratoire espace cerveau », et hébergeant le FRAC local. (Un dispositif culturel de pointe qui constitue un bon argument pour la candidature de Villeurbanne Capitale française de la Culture 2024)

Et c’est ainsi qu’ont été fabriqués par les plasticiens –chercheurs agréés par l’Etat –des dizaines de milliers de bidules chercheurs et questionneurs, pour remplir les FRAC et les collections muséales publiques.

Je vous joins l’image ( 01 ) du plasticien – chercheur Pierre Unal-Brunet, qui va exposer à l’IRAC de Villeurbanne, dans le cadre de l’expo intitulée « Jeune création internationale », et qui présente un objet biduloïde de son invention , pour une recherche fondamentale, qui s’apparente ici à une quête à dimension spirituelle et métaphysique.
Je vous joins aussi les images des bidules de trois autres Jeunes créateurs chercheurs internationaux : Alma Sauret (02), Amandine Arcell (03) , Olof Marja (04) figurant dans le même exposition de l’IRAC

<01 Pierre Unal-Brunet – copie.jpg><02 Alma Sauret.png>