
Le cardinal Charles Journet, théologien catholique suisse (1891-1975), avait dit : « Quant à la maxime : Où est le pape, là est l’Église, elle vaut quand le pape se comporte en pape et chef de l’Eglise ; dans le cas contraire, l’Eglise n’est pas en lui ni lui dans l’Église ». Le ton est donné.
Toutes les idéologies des XXe et XXIe siècles ont eu pour trait commun, typiquement antéchristique, la substitution de l’Homme à Dieu.
Le pape François a adhéré aux valeurs du monde, a adapté l’Eglise au monde moderne. Et les ennemis de l’Eglise l’ont félicité. L’un de ses admirateurs, Ian Buruma, écrivain et journaliste néerlandais, né en 1951, commente : « Il n’est plus nécessaire que Dieu et l’Eglise nous disent comment nous comporter : notre conscience nous suffit… Les paroles du pape François laissent penser que l’idée d’éliminer Dieu lui-même pourrait représenter une option légitime ».
François a paru enthousiasmé par son succès. Il a continué dans la même voie. À l’occasion du Jubilé, il a proposé un message dévoyé de la Miséricorde. Il est hostile à la Tradition.
François se rallie au « superchristianisme », inventé dans les années 1970, et qui « à force d’aimer le pécheur en vient à aimer le péché ». Mais pour avoir bonne conscience, ce superchristianisme a besoin d’un ennemi. François découvre cet ennemi à l’intérieur de l’Eglise : l’intégriste.
C’est à ce genre d’ennemis que s’en prend François. Il n’a pas d’ennemis à l’extérieur de l’Eglise. Il a dit que « le Coran est un livre de paix ». Mais pour les mal-pensants intégristes, traditionalistes, il n’a pas de mots assez durs. Un journaliste a composé un recueil des insultes qu’il leur adresse.
Son successeur Léon XIV n’est pas en reste. 2 juillet 2026. Après le sacre de quatre évêques selon le rite tridentin, à Ancône, Léon XIV sanctionne le « schisme » de la Fraternité Saint-Pie X et excommunie les catholiques lefèbvristes.
Cela a commencé en 2013, avec les Franciscains de l’Immaculée. François n’avait rien à reprocher à cette congrégation pieuse, missionnaire, obéissante. Pourtant, il a éloigné les pères fondateurs, il a fermé leur séminaire qui comptait soixante élèves. Aux Frères qui lui demandaient les raisons de sa décision, il a refusé de répondre. Toutefois, dans une vidéo filmée, il a déclaré :
« Ils sont persécutés parce qu’ils portent le nom de la Madone, et cela, le démon ne le supporte pas ».
Le 1er octobre 2013, François certifia à un quotidien connu pour sa laïcité militante : « Il n’existe pas de Dieu catholique ». Peu après, à la veille de son voyage en Amérique, le journal Newsweek posait la question : « Le Pape est-il catholique ? »
Aussi, pendant le Synode, The Spectateur, un magazine hebdomadaire britannique, dans un dessin humoristique, le représenta sur un bulldozer occupé à démolir l’Eglise. L’artiste se référait à un article qui se terminait ainsi : « Aujourd’hui, le Pape se comporte en homme politique… téléphonant aux journaux des déclarations surprenantes que son bureau de presse peut tranquillement démentir. Il faut comprendre qu’il n’est pas d’accord avec les enseignements de sa propre Eglise ».
Tout se passe comme si François avait hérité de la Papauté pour la détruire. Même si son intention est de sauver les brebis perdues, le fait est qu’il contredit la parole de Dieu et l’enseignement constant de l’Eglise.
François manifeste une grande indifférence à l’égard de la famille. Il a cessé de s’opposer à la guerre que lui livre le monde. Pour cette raison, les médias l’ont porté aux nues à l’occasion des deux synodes.
Pourtant, dans sa lettre au cardinal Cafarra, Soeur Lucie de Fatima (1907-2005), écrit : « La lutte finale entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur la famille et le mariage. N’ayez pas peur : la Madone a déjà écrasé la tête de Satan ».
Pendant le Synode de 2014, le Washington Post a publié un article de Steve Kojec au titre alarmiste : « Le Synode a été une farce… L’Eglise prend un virage dangereux dans ses positions sur le divorce et l’homosexualité. »
Des cardinaux exprimèrent au pape leur préoccupation. La presse italienne qualifia leur lettre de « complot ». François emboîta le pas de la presse.
D’une façon générale, François promut les thèses mondialistes de l’ONU, en particulier l’écologie. 24 mai 2015. Son Encyclique Laudato défendait l’environnement et oubliait le sort spirituel de l’humanité.
6 décembre 2015. Lors de la prière de l’Angélus, François parla de la Conférence de Paris sur le Climat, au lieu de parler de Noël et de la venue de Jésus. Il oubliait que le climat avait toujours changé sur terre.
8 décembre 2024. Pour l’ouverture du Jubilé, François a transformé la Basilique Saint Pierre en écran de cinéma géant pour y donner un spectacle hideux, cela afin de prêcher une fois encore la nouvelle religion de l’écologie, aux connotations gnostiques et néo-païennes. On ne célébrait pas l’Immaculée Conception, mais Gaïa, l’antique déesse Terre.
L’argent dépensé aurait pu servir aux pauvres, dont François parle toujours. Cet argent avait été fourni par la Banque Mondiale, au titre de son programme Connect 4 Climate, et par diverses organisations écologistes qui prônent toutes le contrôle des naissances, condamné par l’Eglise.
François méprise le dogme. Il pousse les hommes à croire que tous seront sauvés, car il a déclaré : « Dieu ne condamne pas », ce qui est contraire à l’enseignement de l’Évangile sur la Fin du monde.
Selon son ami Eugenio Scalfari, du journal La Repubblica, François voudrait « non une réforme dans l’Eglise, mais une révolution ». De fait, « il ne croit ni à l’immortalité de l’âme, ni à l’existence de l’Enfer et du Purgatoire ».
Les silences de François sont coupables. On aurait attendu une encyclique sur les massacres de chrétiens dans le monde. Rien n’est venu. Même inertie en ce qui concerne l’avortement qui a fait dans le monde un milliard de victimes en vingt ans. François « a insinué que ses prédécesseurs ont été obsédés par ce sujet ».
François a attaqué la foi. Il préfère s’en prendre aux chrétiens qui ont « une foi claire et assurée », et qui témoignent leur fidélité à la doctrine catholique. Il a déclaré à la Congrégation pour le Clergé qu’il se méfiait des séminaristes « trop sûrs, rigides, fondamentalistes ». D’où sa recommandation aux autorités compétentes de garder « les yeux ouverts » dans le choix des candidats au sacerdoce.
Dans son Encyclique Evangelii Gaudium du 24 novembre 2013, il attaquait ceux qui ont « une doctrine monolithique ». Il attaquait les évêques qui ont protesté contre le Synode en les accusant de « transformer l’Évangile en pierres mortes, à jeter contre le prochain ».
François a mené des attaques contre le mariage. Dans deux lettres apostoliques, Matis Judex Dominus Jesus et Matis et miserions Dominus, il a miné l’indissolubilité de ce sacrement. Il a facilité la reconnaissance de nullité du mariage. Il a aboli « la double sentence conforme », c’est-à-dire la sentence favorable de deux tribunaux indépendants. Il a décidé que les déclarations des époux seraient à l’avenir admises comme preuves.
Désormais, le « manque de foi » de l’un des conjoints sera considéré comme raison suffisante. Autre cause de nullité : le cas de mariage parce que la mariée était enceinte. Il suffira qu’un époux déclare qu’en conscience, il ne voulait pas se marier pour que l’annulation ait lieu. Pour officialiser la séparation, il suffira d’un « procès bref » présidé par l’évêque du diocèse.
François méprisait les sacrements. Il souhaitait admettre les homosexuels aux sacrements.
25 novembre 2015. Lors d’une visite à la communauté luthérienne de Rome, une dame l’interrogea sur la Pénitence. Réponse : la contrition des péchés dans son église vaut la confession catholique avec un prêtre.
Sur l’Eucharistie, il se refusa à dire qu’il existe une différence fondamentale entre la Cène protestante où le pain reste pain, et la Messe où s’opère la Transsubstantiation. Pour lui, il s’agit d’une simple différence d’interprétation subjective. Il ajoute : « Or, la vie est plus grande que les explications et les interprétations ».
Pourtant, Luther déclarait : « Tous les crimes, y compris les assassinats et les adultères, sont moins mauvais que la Messe… Quand nous aurons détruit la Messe, nous aurons détruit la Papauté ».
François conclut : « Lors du Jugement, Dieu ne nous demandera pas si nous sommes allés à la Messe, mais si nous nous sommes occupés des pauvres ».
Un pape oppose le service des pauvres à la Messe. Il dit que la Messe est quelque chose de superflu pour le salut.
François ne comprenait pas l’Eucharistie. Il a décidé de ne plus s’agenouiller devant le Saint-Sacrement, soit pendant la Messe, soit devant le Tabernacle, soit durant les adorations eucharistiques. Pourtant, en 2006, il s’est agenouillé quand les Pentecôtistes, à Buenos-Aires, lui ont imposé les mains.
François instrumentalisait les pauvres. Il parlait sans cesse des pauvres, mais d’une manière démagogique, inacceptable. Il imitait les révolutionnaires du XXe siècle qui ont instrumentalisé les pauvres.
Ignorait-t-il que l’Eglise s’occupe des pauvres depuis deux mille ans ? Mais elle ne les a jamais considérés comme une catégorie idéologico-théologique, comme les théoriciens de la Libération d’Argentine.
Dans la Bible, les « pauvres » sont « les pieux, les justes, les hommes fidèles à la Loi de Dieu ».
Lorsque l’Eglise n’était pas aussi cléricale qu’elle l’est devenue, les saints s’adressaient au pape avec une grande liberté. Sainte Hildegarde, Docteur de l’Eglise, reprochait à Anastase IV de ne pas accomplir sa mission de protecteur du troupeau du Christ : « Aveugle… Pourquoi méprises-tu la Justice ? Pourquoi n’arraches-tu pas les mauvaises herbes qui étouffent les bonnes plantes ? » Sainte Catherine de Sienne exhortait Grégoire XI à faire son devoir ou à se démettre.
François devrait préférer le Christ aux louanges du monde.
Le pape François ne respecta ni le dogme ni la morale chrétienne, attaqua la foi, méprisa les sacrements, adhéra aux valeurs du monde, repoussa la Tradition, agressa la famille, instrumentalisa les pauvres. Il insulta les fidèles attachés à la Tradition. Il persécuta les religieux. Il adhéra aux principes du Mondialisme et de l’Ecologie.
Son successeur, Léon XIV, ne vaut guère mieux, mais agit de manière plus feutrée, plus discrète. Les papes sont adoubés et adulés par les médias, ce n’est pas pour rien.
L’homme contemporain est libéré de toute entrave et fier de ses « Droits » qu’il a transposés en religion sécularisée. Cet homme contemporain correspond en tous points au « fils de perdition » dénoncé par Saint Paul, à « l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui s’appelle dieu ou objet de culte, jusqu’à s’asseoir en personne dans le Temple de Dieu, se donnant lui-même comme Dieu » (Thessaloniens II, 3-4).
« L’interruption du Sacrifice Perpétuel, c’est-à-dire l’interdiction de la Messe, et « l’Abomination de la Désolation dans le Lieu Saint », la crise actuelle de l’Eglise, coïncident bel et bien avec le règne de l’Antéchrist.
L’apparition d’un tel personnage, annoncé par diverses traditions païennes, préfiguré par certains dictateurs du XXe siècle, le culte du chef, inséparable du communisme et du national-socialisme, peut achever et couronner le processus de révolte contre Dieu inauguré par l’Humanisme et la Renaissance. Toutes les formes de notre vie actuelle sont touchées par l’intervention – symbolique ou réelle – de cet Etre diabolique et satanique. En tout cas, les hommes et les femmes de pouvoir incarnent cet Etre. Dans cette affaire, l’Eglise issue de Vatican II est un partenaire, un protagoniste actif, efficace et intéressé.
Jean Saunier
