
Mon entretien avec Elizabeth Schneiter, pour le magazine Reporterre http://www.reporterre.net/-Qui-sommes-nous-8- 10 février 2016 En quoi l’art est-il, selon vous, dans une situation comparable à celle de la nature, ou de l’environnement ? L’art dit « contemporain » est un art hors-sol, artificiellement engraissé, contre nature, vidé de toute substance vraiment vivante et artistique, comme la production agricole industrielle que l’on pourrait appeler « contemporaine », car au nom d’un même « modernisme » ou « internationalisme », il s’y commet les mêmes ravages sur les cultures et sur les sols que sur la création artistique et le terreau social et humain qui la nourrit. Les deux subissent une même logique mondialisante, donc forcément aplatissante, aseptisante, dévitalisante, déterritorialisante et déshumanisante. En quoi l’art contemporain doit-il intéresser les écologistes ? Ce qui se passe dans le champ artistique devrait attirer l’attention des écologistes et faire partie de leurs sujets de réflexion, d’étude, d’analyse et d’action, car il y a de nombreuses homologies. À l’économie virtuelle des bulles financières, destructrices de l’économie réelle, correspond très exactement le Financial art des bulles…

