PAR ÉRIC DELCROIX | 25 FÉVRIER 2026 Le meurtre de Quentin a remis sur le devant de la scène le triste combat des « antifascistes ». Analyse de cette violence de gauche autorisée par Éric Delcroix, juriste, essayiste et écrivain, auteur de Droit, conscience et sentiments. Polémia Sommaire masquer 1. Quentin, l’antifascisme et les fantasmes 2. Collaboration de classes après la chute de l’URSS 3. L’avenir de la collaboration de classes Quentin, l’antifascisme et les fantasmes Le lynchage à mort du jeune Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, par des nervis antifascistes, apparemment issus de l’organisation légalement dissoute La Jeune Garde, a été l’occasion d’une efflorescence de sottises convenues. Ainsi, Le Figaro, dans sa livraison du lundi 16 février, a prêté ses colonnes à l’expert en sécurité intérieure Éric Delbecque qui a écrit : « L’antifascisme, vidé de son ancrage démocratique, devient une posture identitaire qui reproduit très exactement et hypocritement ce qu’elle prétend conjurer. » Éric Delbecque, comme quasi tout le monde, et d’abord les incorrigibles…
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Palantir : le vrai chef d’état-major de l’Occident ? par Eric Lemaire
Née du chaos post-11 septembre, Palantir n’est plus un simple logiciel d’analyse de données. Elle est devenue l’architecture invisible qui structure la décision militaire américaine — et, par ricochet, occidentale. À l’ère de l’IA, celui qui organise l’information organise la guerre. La question n’est plus technologique. Elle est politique : qui commande vraiment ? Le Courrier des stratèges Il faut cesser de parler de Palantir comme d’une entreprise technologique parmi d’autres. Palantir n’est pas un logiciel. Palantir est une arme stratégique. Depuis plusieurs semaines, son nom revient dans nos entretiens et nos analyses. Non pas comme une curiosité de la Silicon Valley, mais comme un pivot discret de la puissance américaine. Comprendre Palantir, c’est comprendre comment se reconfigure la souveraineté à l’ère algorithmique. Du 11 septembre à l’État algorithmique: la naissance d’un pouvoir invisible Tout commence avec un traumatisme. Les attentats du 11 septembre 2001 révèlent une vérité embarrassante : l’État américain est puissant, mais fragmenté. Les informations existaient. Certaines alertes avaient été émises. Mais elles étaient…
Quelle issue à la guerre en Ukraine ?
Par Michel Ruch / 13.02.2026 Imprimer l’article Écouter Réalisation Le Lab Le Diplo Par Michel Ruch Le diplomate Les origines du conflit La guerre en Ukraine n’a pas commencé en 2022, ni même en 2014, date de la réintégration de la Crimée dans la fédération russe. Elle a commencé dès son indépendance en 1991 dans un processus en lente aggravation. Pour étayer cette affirmation, il faut préalablement rappeler la doctrine stratégique élaborée par le penseur américain et l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Carter, Zbignew Brzezinki dans les années 1990, selon laquelle détacher l’Ukraine de la Russie pour en prendre le contrôle est le moyen radical et définitif d’abaisser durablement la puissance russe, quel que puisse être son régime. Cette stratégie reste théoriquement pertinente pour deux raisons. La première est un objectif de captation, celui formé par les ressources minières, la puissance industrielle, et la richesse agricole de l’Ukraine qui les situent à un niveau supérieur à celles des régions russes à l’ouest de l’Oural en termes de…
Municipales : la gauche face à l’épuisement de son logiciel
PAR BALBINO KATZ | 10 FÉVRIER 2026 | POLEMIA La séquence médiatique ouverte à l’approche des élections municipales par Libération et Le Monde autour des candidats du Rassemblement national ne relève pas d’un simple travail d’enquête journalistique. Elle constitue en elle-même un fait politique révélateur. Les articles de Nicolas Massol dans Libération et de Clément Guillou dans Le Monde donnent à voir, bien au-delà des cas qu’ils prétendent documenter, l’impasse stratégique dans laquelle se trouve aujourd’hui la gauche médiatique face à la recomposition électorale en cours. Le point commun de ces deux journaux réside dans le choix assumé d’un angle ad hominem. Les programmes municipaux sont relégués à l’arrière-plan, les dynamiques territoriales à peine esquissées. En revanche, des moyens considérables sont mobilisés pour exhumer des propos anciens, des publications sur les réseaux sociaux, des photographies ou des gestes jugés incompatibles avec le périmètre moral défini par la gauche. Le terme de « brebis galeuses », repris et martelé, opère une naturalisation du soupçon, suggérant que le problème ne serait ni conjoncturel ni circonstanciel, mais…
État-zombie et lobbys: quand le capitalisme bascule dans l’âge de la piraterie
Bernard Wicht © IA Dans ma précédente chronique sur une possible «crise finale du capitalisme», j’ai essayé d’expliquer qu’actuellement les déclarations et gesticulations diplomatico-politiques ne rendent pas compte de l’état du monde dans lequel nous vivons. J’ai poursuivi en disant que si nous voulons tenter de comprendre ce qui se passe, il faut résolument se détacher de l’événementiel… d’ailleurs particulièrement ubuesque et erratique dans le monde occidental en ce début d’année 2026. Je m’efforce donc de dégager les questions essentielles qui se posent à nos temps incertains parce que, comme le dit l’économiste Friedrich Hayek, «sans la théorie les faits restent muets». Le lecteur cherchant des réponses immédiates risque d’être déçu. Première question: qui est aux commandes du capitalisme global? Reprenons donc le fil rouge de la dynamique du capitalisme telle qu’exposée par Fernand Braudel, notamment son constat sur la relation entre le capitalisme et l’État: «le capitalisme ne triomphe que lorsqu’il s’identifie avec l’État, qu’il est l’État». Et il ajoute concernant les sociétés, «le capitalisme n’invente pas…
Union des Capitaux : le fédéralisme européen a commencé incognito ce matin
Ce matin, alors que la France s’éveille avec la gueule de bois d’un budget de compromis que personne n’aime mais que tout le monde subit, un événement d’une gravité exceptionnelle s’est produit dans le silence feutré des chancelleries européennes. Sans tambour ni trompette, sans débat à l’Assemblée nationale, et encore moins de référendum, le groupe dit « E6 » — cette nouvelle aristocratie composée de l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas — a acté la naissance d’une Europe à deux vitesses. Sous couvert de « compétitivité » et de « souveraineté », c’est en réalité le coup d’envoi d’un fédéralisme financier intégral, une capture organisée de l’épargne privée par une technocratie aux abois. Le Directoire des « Volontaires » : la fin de l’illusion démocratique Le constat de départ est d’un cynisme achevé : l’unanimité à 27 est devenue une « entrave ». Puisque les peuples et certains petits États rechignent encore à se fondre dans le grand moule bureaucratique de Bruxelles, on change…
La Grande Dépression démystifiée : une crise prolongée par l’intervention publique
par JEAN-BAPTISTE NOÉ Conflits C’est l’un des plus grands mythes de l’histoire économique : la Grande dépression aurait été réglée par l’intervention publique et le New Deal. Rien n’est plus faux, mais ce mythe sert à justifier toutes les politiques publiques depuis lors. Retour sur l’histoire. L’histoire est racontée dans tous les lycées et universités. Les États-Unis connaissent une grande dépression en 1929 et, grâce au New Deal et à l’intervention de l’État mise en place par Roosevelt, le pays s’en sort et retrouve la prospérité. Cette histoire relève de la fable, voire du mensonge. C’est exactement l’inverse qui s’est produit : la politique de relance initiée par Hoover et poursuivie par Roosevelt a aggravé la crise. Mais peu importe, depuis un siècle, et alors même que la recherche en histoire économique à démêler le vrai du faux, le mythe continue d’être diffusé. Retour sur l’histoire et sur la construction d’une fable politique. La Grande Dépression de 1929 demeure l’un des événements les plus structurants de l’histoire économique contemporaine. Elle…
L’idéologie « Arc-en-ciel » : l’hyper classe mondiale contre le peuple
PAR POLÉMIA | 5 FÉVRIER 2026 | Ancien pilier du Quotidien de Paris, chroniqueur au Figaro Magazine puis rédacteur en chef de National Hebdo de 1993 à 1998 et auteur de nombreux livres, Martin Peltier est une plume acérée et l’un des meilleurs analystes politiques de la presse nationale ainsi qu’un excellent orateur, comme ont pu le constater les assistants au dernier forum de Polémia sur l’alarmisme climatique. Après La Révolution arc-en-ciel en 2019 et L’Empire arc-en-ciel en 2020, il publie Le vrai nom du grand bordel : Arc-en-ciel (1), sur lequel il a bien voulu répondre à nos questions. En pleine tempête provoquée par la publication du dossier Epstein, cette analyse est particulièrement salutaire. Polémia Sommaire 1. De Mandela au climat, « l‘oppression coloniale, raciste et patriarcale » ! 2. Les « élites » contre le peuple De Mandela au climat, « l‘oppression coloniale, raciste et patriarcale » ! Camille Galic : Comment vous était venue l’idée de ce concept globalisant auquel vous donnez le nom d’Arc-en-ciel, et où a-t-il vu le jour ? Martin…
Frontières invisibles : le racisme intra-africain en lumière
Conflits par FRÉDÉRIC DE NATAL En Afrique du Sud, le racisme ne disparaît pas : il se transforme. Le discours du roi zoulou à Isandlwana a révélé l’existence une xénophobie noire sur noire, nourrie par la crise sociale et les désillusions du rêve post-apartheid, que tente de cacher les tenants du panafricanisme décolonial. En exigeant le départ des migrants africains lors d’une commémoration historique annuelle, le roi des Zoulous a récemment déclenché une onde de choc bien au-delà de la province sud-africaine du Kwazulu. Derrière un discours identitaire chargé d’histoire se dessine une réalité plus sombre : celle d’un racisme intra-africain profondément enraciné, nourri par la crise sociale, le chômage de masse et la désillusion post-apartheid, loin d’être un cas unique sur le continent africain. Kwerekwere » : le mot qui fissure l’Afrique du Sud Isandlwana n’est pas un simple site commémoratif : c’est un mythe fondateur de l’identité zouloue, un moment où l’Afrique, encore morcelée par les logiques coloniales, inflige une défaite humiliante à l’Empire britannique. Rassemblés…
Quand l’Allemagne s’éveillera… L’Europe tremblera
Par Jean Daspry / 26.01.2026 Réalisation Le Lab Le Diplo Par Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques « Gouverner, c’est prévoir » nous rappelle fort à propos l’adage ancien alors que le monde est en plein chamboulement. Or, que font les principaux dirigeants occidentaux de la planète ? Ils le transforment en « gouverner, c’est communiquer », voire, pour certains à l’instar d’Emmanuel Macron, en « gouverner, c’est s’agiter » dans tous les sens sans que l’on sache à l’avance dans quel sens la girouette jupitérienne s’orientera. Aujourd’hui, la vulgate élyséenne, y compris balardienne désigne un ennemi qui menace potentiellement (par ses armes et ses ingérences multiples) notre Douce France. Il a pour nom Russie de Vladimir Poutine dont les chars pourraient pavoiser sur les Champs-Élysées d’ici cinq ans. Le chantage à la peur fonctionne à plein régime dans une ambiance crépusculaire de fin de règne jupitérien. Le Chef de l’État remet à l’ordre du jour un service national volontaire censé être le dernier rempart contre les visées de la soldatesque poutinienne[1]. Le Chef d’état-major…
