par François Vadrot Le Charles-de-Gaulle, nouveau porte-assureur de la nation, projette sa puissance à distance des belligérants. Prime au mille nautique : la clarté politique. Un nouvel article publié par Le Monde le 7 mai 2026, sous la plume de Claire Gatinois, constitue le second volet – naval et diplomatique – du diptyque de l’impuissance ouvert la veille par Denis Cosnard. On y retrouve les mêmes ingrédients : une situation grave – le monde va mal -, une réponse grandiloquente – la France envoie son fleuron -, une action qui n’en est pas une – on est prêt, mais surtout on ne fait rien -, et un journalisme qui, sans mentir, s’abstient de poser les questions qui fâchent. Les 6 et 7 mai 2026 resteront comme les deux jours où Le Monde a, sans le vouloir, livré au lecteur attentif les pièces d’un même puzzle : celui d’une puissance moyenne qui mime la puissance, d’un gouvernement qui parle l’action sans la faire, et d’une presse de révérence qui…
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Religion, politique et morale : Trump et Léon XIV
Il a fallu que Léon XIV appelle à la paix en Iran pour que Donald Trump, le 12 avril, s’en prenne à lui sur les réseaux sociaux en le qualifiant de « faible » face à la criminalité et de « terrible » en politique internationale. On passera outre sur le fait lamentable qu’un président américain communique sans fard ses humeurs sur les réseaux sociaux. Hélas, le vice-président JD Vance s’est cru obligé de défendre son patron et il l’a fait avec une insigne maladresse en évoquant la longue tradition catholique de la « guerre juste », et en intimant au pape « de faire attention quand il parle de sujets de théologie » pour finalement l’exhorter à « s’en tenir aux questions morales ». L’outrecuidance du jeune converti est d’autant plus mal venue que ses arguments tombent à plat. S’il est une personne qui a la grâce d’état pour aborder les questions théologiques, c’est bien le pape, c’est même là son rôle essentiel d’enseignement. Quant à la volonté de le cantonner à la morale, elle révèle,…
Pourquoi les États-Unis sont en guerre contre l’Iran et pourquoi cette guerre pourrait marquer une pause, mais ne prendra pas fin
30 mai 2026 par Brian Berletic Si une grande partie du débat sur la guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran s’est concentrée sur des facteurs propres à la région, notamment le mythe selon lequel les États-Unis combattent l’Iran «au nom d’Israël», il existe des facteurs mondiaux bien plus réalistes et importants qui ont conduit à cette guerre et qui se manifesteront en raison de celle-ci. La guerre contre l’Iran s’inscrit dans un projet américain s’étendant sur plusieurs décennies visant à prendre le contrôle total du Moyen-Orient ainsi que du pétrole et du gaz produits et exportés depuis cette région. Il ne s’agit pas de s’approprier cette énergie pour la consommation des États-Unis, mais d’établir et de renforcer le monopole américain sur la production et les exportations d’énergie provenant des États-Unis eux-mêmes et des pays et régions sur lesquelles les États-Unis exercent leur contrôle. Cela concerne notamment le Venezuela en Amérique latine. La guerre d’agression menée par les États-Unis début 2026 contre l’État vénézuélien, l’enlèvement du président…
Le détroit d’Ormuz de nouveau fermé… L’Iran ne plaisante pas
📄 par Larry Johnson Réseau international Les deux images ci-dessus montrent le détroit d’Ormuz partiellement ouvert et, aujourd’hui, totalement bouclé. Pendant un bref instant, le vendredi 17 avril 2026, Donald Trump a raconté une demi-vérité. Le détroit d’Ormuz était ouvert au trafic, mais uniquement pour les navires ayant coordonné leur passage avec le Corps des gardiens de la révolution islamique et obtenu son autorisation. Tout cela a brusquement pris fin le samedi 18 avril, après les déclarations incendiaires de Donald Trump concernant le blocus de tous les ports iraniens. L’Iran a pourtant clairement fait savoir à JD Vance, dans les dernières heures de leur dernière rencontre à Islamabad, que son plan en 10 points n’est pas négociable. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale causées par le blocus iranien ne sont pas pleinement comprises par tout le monde. Je fais une analogie avec le syndrome d’irradiation… Imaginez qu’une personne survive à l’explosion d’une bombe atomique mais soit exposée aux radiations. Il peut s’écouler des jours, voire des semaines,…
Citoyenneté sans peuple, la fiction politique du droit du sol
PAR BALBINO KATZ | 1 AVRIL 2026| P Le débat nord-américain sur le droit du sol met au jour une rupture fondamentale, la dissociation croissante entre citoyenneté et appartenance, au cœur de la crise politique des nations de culture européenne. Balbino Katz Sommaire masquer 1. Une querelle juridique qui masque une question vitale 2. La grande confusion, citoyenneté et nationalité 3. La citoyenneté libérale, une construction sans mémoire 4. L’illusion de la citoyenneté universelle 5. La conception organique, la citoyenneté comme destin partagé 6. Le droit du sol, moteur de la déliaison 7. Dissocier pour restaurer 8. Une question européenne décisive 9. Un révélateur Une querelle juridique qui masque une question vitale L’audience portée devant la Cour suprême des États-Unis à propos du droit du sol est présentée comme une controverse constitutionnelle. Elle est en réalité d’une tout autre nature. Ce qui s’y joue n’est pas seulement l’interprétation d’un amendement, mais la définition même du corps politique. Le discours dominant s’efforce de ramener cette question à une opposition…
Les États-Unis ont-ils déjà perdu la guerre contre l’Iran ?
Par Giuseppe Gagliano / 22.03.2026 Le Diplomate Photo Maison Blanche Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) La conversation entre Glenn et John Mearsheimer s’organise autour d’une thèse tranchante : Washington peut encore infliger des destructions massives, mais ne sait plus comment transformer sa force militaire en résultat politique. C’est là le cœur du raisonnement : une guerre lancée avec l’idée d’imposer une capitulation rapide se transforme en conflit d’usure dans lequel l’Iran conserve des capacités de riposte, des marges d’escalade et, surtout, le pouvoir de rendre le coût de la guerre insoutenable pour les États-Unis, pour Israël et pour l’économie mondiale. Mearsheimer ne se contente pas de dire que la campagne tourne mal ; il soutient que, sur le plan stratégique, le mal est déjà fait, parce qu’il n’existe ni issue crédible ni victoire décisive à imposer. Le piège de l’escalade Le premier point de la discussion est d’une simplicité brutale : la guerre ne se déroule pas comme Trump l’espérait,…
Inventaire avant fermeture : quand les Juifs ne crachaient pas sur les prêtres dans les rues c’était mieux
par Eric Verhaghe le Courrier des stratèges Dans l’effritement du monde que j’observe avec une lucidité mélancolique, je dois confesser que je trouvais plus agréable l’époque où un Juif de Jérusalem crachant sur un prêtre catholique près du Saint-Sépulcre était un incident diplomatique. Qu’avons-nous fait pour que cette pratique devenue courante, voire banale, ne nous empêche pas de suivre aveuglément Israël et sa folie suprémaciste ? En écrivant cette chronique qui concerne la pratique juive ordinaire à Jérusalem, qui plus est : habitant en France, pays de la deuxième diaspora juive dans le monde, donc particulièrement sous surveillance, j’ai conscience d’affronter sans arme une forteresse bien gardée, et même mieux (ou pire, selon le point de vue) que ça. Je n’ai pas encore écrit une ligne sur le fond que déjà pleuvent les accusations d’antisémitisme. Ainsi va la folie de l’époque, d’autant plus folle qu’elle est propagée par des esprits simplistes et pathétiques pour qui prononcer le mot « juif » quand on est goy expose déjà à l’accusation d’antisémitisme…
L’antifascisme, l’autre nom de la collaboration de classes
PAR ÉRIC DELCROIX | 25 FÉVRIER 2026 Le meurtre de Quentin a remis sur le devant de la scène le triste combat des « antifascistes ». Analyse de cette violence de gauche autorisée par Éric Delcroix, juriste, essayiste et écrivain, auteur de Droit, conscience et sentiments. Polémia Sommaire masquer 1. Quentin, l’antifascisme et les fantasmes 2. Collaboration de classes après la chute de l’URSS 3. L’avenir de la collaboration de classes Quentin, l’antifascisme et les fantasmes Le lynchage à mort du jeune Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, par des nervis antifascistes, apparemment issus de l’organisation légalement dissoute La Jeune Garde, a été l’occasion d’une efflorescence de sottises convenues. Ainsi, Le Figaro, dans sa livraison du lundi 16 février, a prêté ses colonnes à l’expert en sécurité intérieure Éric Delbecque qui a écrit : « L’antifascisme, vidé de son ancrage démocratique, devient une posture identitaire qui reproduit très exactement et hypocritement ce qu’elle prétend conjurer. » Éric Delbecque, comme quasi tout le monde, et d’abord les incorrigibles…
Palantir : le vrai chef d’état-major de l’Occident ? par Eric Lemaire
Née du chaos post-11 septembre, Palantir n’est plus un simple logiciel d’analyse de données. Elle est devenue l’architecture invisible qui structure la décision militaire américaine — et, par ricochet, occidentale. À l’ère de l’IA, celui qui organise l’information organise la guerre. La question n’est plus technologique. Elle est politique : qui commande vraiment ? Le Courrier des stratèges Il faut cesser de parler de Palantir comme d’une entreprise technologique parmi d’autres. Palantir n’est pas un logiciel. Palantir est une arme stratégique. Depuis plusieurs semaines, son nom revient dans nos entretiens et nos analyses. Non pas comme une curiosité de la Silicon Valley, mais comme un pivot discret de la puissance américaine. Comprendre Palantir, c’est comprendre comment se reconfigure la souveraineté à l’ère algorithmique. Du 11 septembre à l’État algorithmique: la naissance d’un pouvoir invisible Tout commence avec un traumatisme. Les attentats du 11 septembre 2001 révèlent une vérité embarrassante : l’État américain est puissant, mais fragmenté. Les informations existaient. Certaines alertes avaient été émises. Mais elles étaient…
Quelle issue à la guerre en Ukraine ?
Par Michel Ruch / 13.02.2026 Imprimer l’article Écouter Réalisation Le Lab Le Diplo Par Michel Ruch Le diplomate Les origines du conflit La guerre en Ukraine n’a pas commencé en 2022, ni même en 2014, date de la réintégration de la Crimée dans la fédération russe. Elle a commencé dès son indépendance en 1991 dans un processus en lente aggravation. Pour étayer cette affirmation, il faut préalablement rappeler la doctrine stratégique élaborée par le penseur américain et l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Carter, Zbignew Brzezinki dans les années 1990, selon laquelle détacher l’Ukraine de la Russie pour en prendre le contrôle est le moyen radical et définitif d’abaisser durablement la puissance russe, quel que puisse être son régime. Cette stratégie reste théoriquement pertinente pour deux raisons. La première est un objectif de captation, celui formé par les ressources minières, la puissance industrielle, et la richesse agricole de l’Ukraine qui les situent à un niveau supérieur à celles des régions russes à l’ouest de l’Oural en termes de…
