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Que se passe-t-il en Algérie ?

Par Philippe Fabry Laissez-moi dire d’emblée que je ne suis certainement pas un spécialiste de la situation politique contemporaine de l’Algérie ; aussi le but de cet article n’est pas de livrer une analyse précise de cette situation, mais de tenter, sur la base de ce que j’en sais et de ce que j’ai tiré de mes lectures de ces derniers jours dont tel était le propos, de lire les événements en cours à la lumière de mes propres travaux sur les révolutions nationales. Depuis plus d’un mois, d’importante manifestations d’opposition à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika se tiennent en Algérie qui ont sévèrement ébranlé le régime et le poussé le pouvoir en place à la réaction, qui a été hésitante : d’abord avançant l’idée d’une future réélection d’un Bouteflika promettant qu’il ne terminerait pas son mandat suivant, puis annonçant l’annulation de l’élection dans l’attente de la rédaction d’une nouvelle Constitution. Ce bricolage improvisé n’a pas convaincu ni calmé les manifestations, et le chef d’état-major et vice-ministre de…

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Trump contre le retour de la tribu

Par Charles Gave 1 avril 2019   Je crois avoir consacré deux ou trois chroniques dans les dernières années aux bagarres juridico-politiques aux USA entre Trump et l’establishment américain. Dans cette lutte, les choses sont en train de bouger et pourraient évoluer très rapidement. J’ai donc pensé qu’une petite mise à jour de la situation aux USA intéresserait peut-être les lecteurs. Rappelons les faits. Bien avant qu’il ne soit élu, les Démocrates, aidés par une grande partie des médias, avaient lancé une grande campagne contre monsieur Trump, l’accusant d’être un agent russe, à la solde de Poutine. Pour enquêter sur cette accusation très grave, un « procureur spécial », monsieur Mueller, ancien patron du FBI, avait été nommé par le Congrès pour enquêter sur les relations entre Trump et Poutine. Le but était à l’évidence de se débarrasser du Président élu à la faveur d’une procédure « d’impeachment ». Du coup, monsieur Mueller nous fut présenté comme un homme irréprochable, un véritable saint laïc. De son coté, monsieur Trump, devenu Président, expliquait qu’un…

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Et voilà !

Par Charles Gave 25 mars, 2019   J’avais, il y a quelques années un professeur de ski que j’aimais beaucoup, un vrai entrepreneur, savoyard, grognon et taciturne et qui se reconnaitra dans ces lignes. Quand l’un ou l’autre de nous se cassait la figure, il disait toujours « Et voilà !». Et nous riions tous beaucoup, sauf celui qui était tombé, bien sûr. Il me semble que nous sommes en train d’arriver dans les économies et les marchés à un moment « Et voilà !» Que le lecteur en juge. La courbe des taux aux USA est en train de s’inverser. Pour ceux qui veulent une explication, il leur suffit de taper la formule ci-dessous dans leur moteur de recherche et ils trouveront l’explication de ce que cette phrase sibylline veut dire. Il s’agit d’une vidéo de 10 minutes que j’ai enregistrée pour Sicavonline il y a quelques mois, justement sur la courbe des taux. https://www.youtube.com/watch?v=YzAWUp4MnvU Pour ceux qui seraient trop paresseux, cela veut simplement dire que, dans le système économique américain, la rentabilité du…

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Mais pourquoi voter ?

Par Charles Gave 17 mars 2019 Nous savons tous que : « La démocratie est le pire de tous les régimes à l’exception de tous les autres » comme le disait Churchill.  Et dans la démocratie, il y a en principe un Souverain et un seul, le Peuple. En théorie, les autorités actuelles gouvernent au nom du peuple, au bénéfice du peuple. Mais comme le disait le joueur de base-ball et philosophe américain, Yogi Berra : « En théorie, la théorie et la pratique c’est la même chose. En pratique, c’est rarement vrai » À l’évidence la théorie est que le vote du peuple est déterminant tandis que la pratique semble être que le vote du peuple n’est retenu que si les élites sont d’accord. Parce que depuis à peu près vingt ans, chaque fois qu’un peuple exprime sa volonté au travers d’une élection ou d’un référendum et si cette volonté est contraire au mouvement de l’Histoire telle que décrite par des hommes éminents tels monsieur Juncker, auteur de la célèbre formule : « il n’y a pas de…

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L’affligeant Grand débat étatico-culturel à l’École des Beaux-Arts

Par Aude de Kerros   Le Grand débat sur la culture occulte complètement le sujet principal : l’art subventionné, qui détruit la visibilité des véritables créateurs. Le Grand débat a eu lieu ce 6 mars 2019 sous la Grande Verrière de l’École des Beaux-Arts, dans son monumental décor polychrome de style « éclectique ». Ce lieu a connu de célèbres précédents : s’y donnèrent, en des temps plus anciens,  les Assemblées Générales de Mai 68 et la confrontation houleuse de 1997. Vingt ans après, notre Révolution perpétuelle et institutionnelle des Arts a pris d’autres formes. Sur le seuil du Palais des Études, l’Inspecteur en chef de la création, Jean de Loisy, nouveau directeur de l’École des Beaux-Arts, congratule les personnalités de la rue de Valois, massivement venues en voisins. Le débat, quoique commandé par le ministère de la Culture, est organisé ce soir par Beaux-Arts Magazine et la Fondation du patrimoine. À la tribune on aperçoit Marie-Hélène Arbus, critique d’art et Directrice Générale de la revue Beaux-Arts, partenaire du…

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Retour en terre de connaissance, l’euro : un transfert de richesse du Sud vers le Nord

Par Charles Gave 4 mars 2019   Le lecteur averti aura peut-être vu passer dans son journal une information stupéfiante : d’après un Institut économique allemand, en vingt ans, la mise en place de l’euro aurait coûté à chaque Français environ 55 000 euros et à chaque Italien plus de 70 000 euros, soit un débours par mois de 230 euros pour le Français et de 300 euros pour l’Italien, mais aurait rapporté plus de 20 000 euros à chaque allemand. Et bien sûr, ce qui est stupéfiant n’est pas le chiffre, mais le fait qu’une telle information soit publiée. Malheureusement, il apparaît que ce calcul a été fait en utilisant des méthodes économétriques un peu farfelues que je ne veux pas décrire ici tant elles me rappellent de mauvais souvenirs : on met dans l’ordinateur des données qui n’ont rien avoir avec la réalité, on fait tourner et on sort des résultats précis et qui ne veulent rien dire. Mais, en revanche, l’idée est intéressante : comme « un repas gratuit, ça n’existe pas » (Milton Friedman) », il me paraît judicieux d’essayer de…

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Crise indo-pakistanaise, le prototype des guerres à venir

par Philippe Fabry 1 mars 2019 Il y a deux semaines, un attentat suicide dans le Cachemire indien a provoqué la mort d’une quarantaine de soldats indiens. Aussitôt, le gouvernement indien a accusé le Pakistan, complaisant avec les terroristes islamistes kashmiri sur son propre territoire, d’être responsable de cette attaque, et le vieux contentieux territorial entre Inde et Pakistan s’est d’autant plus rallumé que Narendra Modi, Premier Ministre de l’Inde, est à quelques mois de sa réélection et que l’opinion indienne exige un geste fort ; geste que Modi ne peut manquer de lui offrir sans dommages, le face-à-face du Doklam avec la Chine d’il y a deux ans n’ayant laissé qu’une impression mitigée sur sa fermeté. L’armée indienne a donc bombardé un supposé camp de terroristes sur le territoire pakistanais, à la suite de quoi le Pakistan a lui-même bombardé, par avion mais depuis son propre espace aérien, un site situé dans le Cachemire sous contrôle indien, et a abattu deux avions indiens qui auraient violé son…

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Retour sur l’ineptocratie

Par Charles Gave 11 février 2019   Je vais cette semaine me livrer à un petit exercice de style : utiliser les écrits de deux hommes éminents qui m’ont influencé dans mon parcours intellectuel, Bastiat et Milton Friedman pour porter un diagnostic sur ce qui mine notre pays. Et qu’est-ce que ces deux grands hommes ont en commun ? Une chose en particulier : la capacité de me faire rire en parlant d’économie tout en écrivant dans une langue superbe. Commençons par Bastiat. Bastiat disait que n’importe quel individu qui voulait s’approprier quelque chose avait le choix pour l’obtenir entre « travailler ou… voler », et qu’il n’y avait pas de troisième voie. Et qu’il était beaucoup plus fatigant de travailler que de voler, mais que voler pouvait être dangereux.  Et donc que le plus simple pour voler est de s’organiser pour capturer l’État et autoriser le vol légal, qu’il appelait « spoliation ». Voici la citation : « On est d’abord porté à penser que la Spoliation ne se manifeste que sous la forme de ces vols définis et punis par…

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La loi de 1973

Par Charles Gave 4 février 2019 Je ne peux pas aller dans une réunion publique sans qu’un participant se dresse pour me parler de la loi de 1973, dite « Pompidou-Rothschild », qui aurait permis aux banquiers de s’enrichir grassement sur le dos de l’État et de la population. La thèse semble être qu’avant cette loi funeste, l’État français pouvait emprunter gratuitement à la Banque de France (BDF), ce qui lui aurait été interdit après, et que ce serait un gros scandale. Cette croyance, qui semble partagée autant par une partie de la droite française que par l’extrême gauche de notre beau pays (Mélenchon), outre qu’elle semble impliquer un fonds assez fort d’antisémitisme, me laisse complètement pantois tant elle est stupide et je vais essayer d’expliquer pourquoi dans les lignes qui suivent. Depuis 1936 et la réforme de la BDF, le gouvernement français pouvait emprunter dans des limites assez strictes 10 milliards de francs (si mes souvenirs sont exacts) sans payer d’intérêts sur ces emprunts et avait donc une espèce de facilité de…

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Revenons à nos moutons : comment gagner de l’argent sans travailler, mais en réfléchissant. Suite et certainement pas fin….

Par Charles Gave 28 janvier, 2019   Lorsque qu’Emmanuelle et moi avons créé l’Institut des Libertés il y a plus de six ans déjà, nous n’avions qu’un objectif : permettre à nos lecteurs de devenir plus libres, et l’une de nos convictions les plus fortes était que pour être libre, il faut comprendre le monde dans lequel nous vivons.En termes simples, être libre exige de faire des efforts pour s’éduquer soi-même. Et dans la mesure de nos moyens, nous voulions aider à cet effort. Allons plus loin : il est difficile d’être libre si l’on est dépendant financièrement de l’État. Comme le disait Dostoïevski : « l’argent, c’est de la liberté frappée » et donc, comme la dernière chose que l’État veuille ce sont des citoyens libres, chaque État n’aura qu’une ambition et une seule : empêcher chaque citoyen d’être indépendant financièrement, en créant toute une série de réglementations pour empêcher les assujettis de gérer librement leurs capitaux. Nul donc ne peut être libre dans un monde où l’information est contrôlée, et le moins…

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