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Une immense découverte de l’IDL 

Par Charles Gave 19 novembre, 2018   Après le complexe d’Œdipe et le complexe d’Électre, découvrez le complexe d’Agnan J’imagine que tous les lecteurs de l’IDL ont dû lire les « aventures du Petit Nicolas », de Sempé et Goscinny. Dans ce chef-d’œuvre immortel, le petit Nicolas va en classe pour y retrouver tous ses copains, Eudes, Clotaire, Alceste, Joachim, Geoffroy, unis par une détestation commune de l’ignoble Agnan, le chouchou de la maîtresse, qui non seulement connaît toutes les réponses, mais aussi s’empresse de dénoncer à la maîtresse celui qui n’a pas fait ses devoirs ou qui a oublié son cartable à la maison. Nous avons tous eu Agnan dans notre classe, celui sur lequel on ne pouvait pas taper parce qu’il avait des lunettes et qu’en plus, il nous aurait dénoncé immédiatement. C’est Agnan qui rappelle à la maîtresse qu’elle avait promis de faire une interrogation écrite en sciences naturelles, c’est Agnan qui dit à la maîtresse ou Alceste a caché son sandwich, c’est Agnan qui ne sait pas qui…

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Multilatéralisme et Forum sur la Paix

Par Philippe Fabry   14 novembre 2018 Une nouvelle fois Atlantico m’a posé des questions auxquelles j’ai répondu mais pour une raison qui m’achappe cela n’a pas été publié. Voici l’entretien. 1. Lundi 12 octobre se tient le Forum de la Paix à Paris. Y participent de nombreux chefs d’Etat, ou d’institutions supranationales, mais pas Donald Trump. On y retrouve aussi de nombreux donateurs influents comme certains acteurs majeurs de la Silicon Valley (Google, Facebook, eBay, Microsoft) ou encore les Open Society Fondations de George Soros. Les points de vue moins mondialistes sont absents. Cependant n’est-il pas contre-productif, voire antithétique de penser l’avenir de la paix sans y associer les populistes qui deviennent incontournables aujourd’hui ? Peut-on cultiver la paix comme un entre-soi ? J’ignore s’il y a eu une réelle volonté d’écarter les populistes. Trump sera absent, c’est un fait, mais cela relève de sa volonté : il n’apprécie guère ces manifestations de multilatéralisme qui tiennent un peu de la réunionite à l’échelle internationale. Il préfère déjeuner avec…

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Commentaires sur les élections aux Etats-Unis

Par Charles Gave 12 novembre, 2018 Chacun connaît le résultat des élections de « mid-term ». Le Parti républicain renforce de façon sensible sa majorité au Sénat tandis que le parti démocrate l’emporte à la chambre des représentants, ou ils auront une majorité de 11, ce qui n’est pas énorme et que les positions des uns et des autres se maintiennent plus ou moins pour les postes de gouverneurs. Grosso modo, un match nul donc ? Peut-être, mais je ne le crois pas vraiment et pour trois raisons. La première est que la gauche américaine nous expliquait depuis deux ans que monsieur Trump était un accident de l’histoire, un Président « illégitime » une erreur de la démocratie et que lui et ses partisans allaient être balayés par le vent de l’Histoire soufflant en tempête. Il n’y a pas eu de vague bleue (la couleur du parti démocrate), mais un retour à une situation normale où le parti au pouvoir souffre lors des élections de mi-mandat. La deuxième est que le pays a…

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Je serai à la manifestation du 17 novembre

 Par Charles Gave 5 novembre 2018   Après l’élection de monsieur Macron, j’avais écrit qu’en tant que citoyen je lui souhaitai de réussir, mais qu’en tant qu’économiste j’étais certain qu’il allait échouer. Hélas, il apparaît que ce sombre pronostic est en passe de se vérifier… Comme le disait Bernanos : « Il y a une bourgeoisie de droite et il y a une bourgeoisie de gauche. Il n’y a pas de peuple de droite et de peuple de gauche. Il n’y a qu’un peuple qui n’est ni de droite ni de gauche, et qui aime la France. » Et la France a souvent été sauvée par son peuple, comme à Bouvines, à Valmy ou à Verdun. Mais le Président que nous avons élu n’aime ni la France ni son peuple. Commençons par le premier point : Il n’aime pas la France et c’est sans doute le premier Roi de France de l’Histoire qui n’aime pas son pays. Pendant la campagne présidentielle, il nous annonce tout tranquillement qu’il n’y a pas de culture française, ce…

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Cétacés et crises

Par Charles Gave 29 octobre 2018 Les marchés sont difficiles en ce moment, ce qui ne saurait surprendre les lecteurs de l’IDL (voir par exemple « vous savez quoi ? J’ai la trouille… »). La question essentielle pour analyser ce qui se passe est bien entendu : mais pourquoi ces saloperies de marchés baissent-ils ? Et à cette interrogation, vos journaux et nombre de « spécialistes » s’empressent de répondre en mettant en cause la guerre commerciale sino-américaine, le Brexit, les populistes en Italie ou que sais-je encore. Je suis plus circonspect. Mon expérience des marchés baissiers m’amène en effet à beaucoup de modestie. En général, quand un marché se met à baisser, on n’en découvre la vraie raison que vers la fin du mouvement, quand les grandes baleines bleues remontent àla surface. Les lecteurs de l’IDL connaissent bien l’image de la pêche à la dynamite que j’ai souvent utilisée dans ces chroniques : si vous balancez une grenade dans la mer, les petits poissons remonteront en premier, les thons et les mérous en second puis nous…

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Argent, Intelligence, Georges Soros et Scott Peck

Par Charles Gave 22 octobre, 2018 Dans un livre de l’abbé Guillaume de Tanouarn (Délivrés, Éditions du Cerf), j’ai trouvé une remarquable citation de Marx sur l’argent. Elle est un peu longue, mais met fort bien évidence le fait que le Marxisme n’a jamais été qu’une pauvre hérésie du Christianisme.  « Ce que je peux m’approprier grâce à l’argent, ce que je peux payer, autrement dit ce que l’argent peut acheter, je le suis moi-même, moi, le possesseur de l’argent. Les qualités de l’argent sont mes qualités et mes forces essentielles en tant que possesseur d’argent. Ce que je suis et ce que je puis, ce n’est nullement mon individualité qui en décide. Je suis laid, mais je puis m’acheter la femme la plus belle. Je ne suis pas laid, car l’effet de la laideur, sa force repoussante est annulée par l’argent. Je n’ai pas d’esprit, mais l’argent étant l’esprit réel de toutes choses, comment son possesseur manquerait-il d’esprit ? Il peut en outre s’acheter les gens d’esprit, et celui qui…

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Petit cours sur les origines de la croissance économique

Par Charles Gave 15 octobre, 2018 Étude de cas sur l’Italie  Pour qu’il y ait croissance économique, il faut que trois personnes « jouent » harmonieusement entre elles, sans trop se disputer. Ces trois personnes sont le travailleur, le rentier et l’entrepreneur. Le travailleur offre sa force de travail et disait Locke, l’un des pères du Libéralisme, nul ne peut lui voler le produit de son travail, ce qui sous-entend que l’esclavage est interdit. Le rentier dispose de ce bien rare entre tous qu’est le capital et veut bien le prêter, à condition de toucher sa rente et d’être certain de revoir son capital à la fin du contrat. L’entrepreneur quant à lui achète le travail, paie le coût du capital et prend des risques en combinant capital et travail du mieux qu’il le peut. Si le produit des ventes qu’il a effectuées est supérieur à ce qu’il a payé pour avoir accès au travail et au capital, il fait un profit et bien sûr c’est de l’apparition de ce…

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Le détraquement du multilatéralisme

13 octobre 2018 Par Philippe Fabry Publié aujourd’hui sur Atlantico : http://www.atlantico.fr/decryptage/onu-omc-francophonie-et-cie-grand-detraquement-multilateralisme-philippe-fabry-3531538.html 1-Alors que le monde post-45 s’est construit sur la création de nombreuses agences internationales, donnant naissance à un multilatéralisme reposant sur l’ONU, le FMI, l’OMC ou même encore sur la Francophonie, désormais ce système semble affaibli. Ne peut-on pas voir ici la révélation d’une confusion entre valeurs occidentales et universalisme qui s’est peu à peu révélée à l’aune de la montée en puissance de pays comme la Chine ? Il est indéniable que le système mis en place en 1945 reflétait les rapports de forces de l’époque : une place centrale était donnée aux vainqueurs de la guerre en Europe, auquels on adjoignait la Chine qui avait été le principal allié des Etats-Unis et de l’Empire britannique contre le Japon. Les membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sont les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale. En 1950 ces pays représentaient ensemble plus de 50% du PIB mondial, et les pays occidentaux du Conseil, les USA,…

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Poutine lancerait une intervention en Libye

Par Philippe Fabry 12 octobre 2018 Mes fidèles lecteurs se souviendront qu’il y a deux ans, un petit raisonnement historionomique me conduisait à prévoir une intervention russe en Libye. Prévision à laquelle je croyais suffisamment pour la reprendre dans mon Atlas des guerres à venir. J’en faisais même le point de départ du scénario de guerre que je proposais, pour donner une idée de la morphologie probable du conflit. Il y a deux jours, le Sun a affirmé que, selon le renseignement britannique, la Russie possède désormais deux bases contenant plusieurs douzaines de soldats, principalement des mercenaires appartenant aux groupes Wagner et RSB, propriétés d’oligarques proches de Poutine, et déployait désormais en territoire libyen des missiles Kalibr et S 300. Cela ressemble bien aux prémices de l’intervention syrienne, en septembre 2015. Si l’implication directe de la Russie se confirme, ce que laisse supposer l’arrivée du matériel lourd que constituent les batteries de missiles, cela sera probablement mon meilleur succès de prévision jusqu’alors. Précisons seulement que j’estimais à l’époque…

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Les élites occidentales pensent comme Vladimir Poutine

Les élites occidentales pensent de plus en plus comme leur grand ennemi: Vladimir Poutine. Dans leur esprit, le grand méchant russe serait responsable de tous leurs maux. Une vraie théorie du complot. par Philippe Fabry   Deux projets de loi destinés à lutter contre la « manipulation de l’information » ont été débattus, fin septembre, devant le Parlement. L’idée-même de loi anti-fake news soulève en soi maintes critiques sur les dangers qu’elle représente, en matière de libre information et d’arbitraire du contrôle. Au-delà de ces aspects souvent relevés et commentés, il semble surtout que la fébrilité des élites occidentales autour de cette question dise quelque chose d’assez inquiétant sur l’évolution de leur mentalité. La poutinisation des esprits En juin dernier, Emmanuel Macron s’inquiétait de la montée de la « lèpre », nationaliste et populiste, qui affecterait l’Europe et menacerait son unité – le Brexit, ses valeurs – la fermeture migratoire italienne, autrichienne, hongroise…, et la démocratie – les fake news. Cette diatribe du président de la République s’inscrivait dans…

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