
12 septembre 2016 Par Philippe Fabry Depuis le début de l’affaire ukrainienne il y a maintenant presque trois ans, on entend souvent parler, à propos des tensions entre Occidentaux, spécifiquement Américains, et la Russie, de « retours » ou de « relents » de guerre froide. L’idée, bien sûr, est que l’on n’avait pas vu de telles tensions, du moins à ce niveau, depuis la chute de l’URSS. Mais il me semble que, derrière cette formule, il y a aussi l’incapacité à penser la nouveauté du temps que nous vivons. C’est, d’une certaine manière, se rassurer en se disant qu’au pire, on repartira pour quelques années de méfiance jusqu’à ce que le régime de Poutine se renverse, comme était tombée l’Union soviétique. Parler de « retours de guerre froide » à propos de ce qu’il se passe entre Occident et Russie, c’est faire montre de paresse intellectuelle, et s’interdire d’envisager les évolutions auxquelles nous assisterons ; du même coup, c’est s’interdire de s’y préparer, et donc s’exposer à de colossales déconvenues. Il y a…


